Comment les start-up s’adaptent à la crise du coronavirus

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La Station F est le plus grand incubateur de start-up en Europe. 5:06
La Station F est le plus grand incubateur de start-up en Europe. © BERTRAND GUAY / AFP
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De nombreuses start-up ont été obligées de revoir leur modèle pour faire face à la crise du coronavirus. La patronne de la Station F, un incubateur de start-ups à Paris, et plusieurs entrepreneurs ont évoqué cette période compliquée, lundi sur Europe 1.

Avec la crise du coronavirus, le développement de nombreuses start-up a connu un coup d’arrêt. Mais certaines d’entre elles ont tout de même réussi à tirer leur épingle du jeu en revoyant leur modèle, ou en se positionnant sur des secteurs économiques en pleine croissance. "La crise a été une période compliquée pour tout le monde. Mais on voit que les start-up agiles, qui peuvent changer de modèle très facilement et se réinventer du jour au lendemain, ont même pu profiter de la situation pour créer des nouveaux business. Globalement, l’écosystème de start-up se porte très bien", a assuré lundi sur Europe 1 Roxanne Varza, la patronne de Station F, un incubateur de start-up situé à Paris, dans La France bouge, sur Europe 1.

L’exemple d’une start-up de l’industrie du voyage

Pour les entreprises de l’industrie du voyage, la crise du coronavirus a par exemple été particulièrement violente. La start-up Tarmac Technologies, dans le secteur de l’aéronautique, a ainsi dû revoir complètement son modèle pour survivre. "Cette start-up, qui travaille avec l’industrie du voyage, aidait avant la crise à gérer les prestataires qui interviennent sur un avion en escale. Avec le déconfinement, elle commence à créer de nouveaux services avec tout ce que ces prestataires doivent mettre en place pour le coronavirus. C’est donc presque un tout autre marché", raconte Roxanne Varza.

Pour autant, "on n’a pas vu vraiment de modèle complètement différent se créer, si ce n’est des solutions contre le coronavirus", poursuit la directrice de Station F. "Il n’y pas de nouveaux marchés, mais on voit des start-up qui se réinventent. On voit beaucoup plus d’éducation à distance, de logistique ou encore de livraison à distance de médicaments".

Dans la restauration, une prise de conscience de l’importance du digital

Autre secteur fortement impacté par la crise : la restauration. La start-up Zenchef, qui aide les restaurants notamment pour leur système de réservation en ligne, a elle su tirer son épingle du jeu pendant et après le confinement. "Pendant la fermeture des restaurants (de mars à juin), le seul moyen de communiquer des restaurants était par le digital et les réseaux sociaux. Ils ont pris conscience qu’il fallait développer cette communication et la réservation en ligne. Depuis juin, on n’a jamais eu autant de demandes, presque deux fois plus qu’avant le confinement", explique sur Europe 1 Xavier Zeitoun, patron et co-fondateur de la start-up présent cette semaine à la Rentrée de la Tech, organisée par La Tribune et dont Europe 1 est partenaire.

"On a gagné plusieurs années en quelques mois. La restauration est une industrie qui fonctionne encore beaucoup à l’ancienne. Cela a changé car ils ont dû utiliser beaucoup plus internet et adopter le digital", poursuit-il.

L’événementiel, un secteur très impacté à réinventer

En revanche, l’événementiel est encore loin d’avoir vu le bout du tunnel. Certaines start-up tentent tout de même de trouver des solutions, en attendant des jours meilleurs. "Il y a maintenant des plateformes qui se créent pour faire des événements à distance, ou encore pour faire du team-building à distance. On commence à voir des secteurs qui se recréent complètement", soutient Roxanne Varza.

 "Station F a été très impactée sur l’événementiel. On commence à avoir une fréquentation à la normale, et les événements devraient revenir d’ici la fin de l’année", espère la patronne de Station F.

Le plan de relance, une source "d’opportunités"

Pour beaucoup d’entreprises, et notamment des start-up, le plan de relance présenté par le gouvernement la semaine dernière constitue une véritable source d’espoirs. Au moins 7 milliards d’euros ont été prévus pour le numérique, dont 3,7 milliards pour les start-up et les "technologies numériques stratégiques". Le gouvernement a également identifié plusieurs secteurs d’avenir, comme le médicament personnalisé ou la recherche quantique. "Il y a pas mal d’opportunités, on va voir de plus en plus de start-up se créer autour de ces points-clés. Le numérique s’applique à tout, il y aura même des choses pas encore imaginées qui pourront se créer", veut croire la patronne de Station F.

Certaines voix, comme France Digitale (qui fédère dans une même organisation les start-up et les fonds d’investissement), ont cependant regretté que ce plan ne soit pas plus ambitieux sur le numérique. Une analyse que ne partage par Roxanne Varza, pour qui "les montants sont très élevés". "On parle de 7 milliards d’euros, ce qui n’est pas négligeable. La France a été un des premiers pays et parmi les plus généreux à proposer des aides aux start-up. Ça a aidé beaucoup de start-up. L’accent a été mis sur la formation dans le numérique et le financement, ce sont de très bons combats. Ce plan ne m’a pas déçu, au contraire."