Ces Français qui veulent réinventer l’hôtellerie

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Dans "La France Bouge" cette semaine, Europe 1 recevait trois entrepreneurs français qui, chacun à sa manière, tentent de donner un coup de neuf à l’industrie hôtelière.

C’est l’un des plus vieux métiers du monde. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne changera pas. Cette semaine dans La France bouge, sur Europe 1, l'équipe de Raphaëlle Duchemin a reçu les représentants de trois entreprises qui, chacune à sa manière, tentent de renouveler l’offre hôtelière française. Présentation. 

Okko investit l'hyper-centre des villes

Le premier hôtel de la marque a vu le jour à Nantes, en janvier 2014. Il y en a désormais neuf en France (dont trois à Paris), deux sont attendus pour 2020 (à Toulon et à Lille) et quatre sont en construction. Il s’agit tous d’hôtels quatre étoiles placés en hyper-centre-villes. "L’ère des voitures est terminée. Avec le développement du TGV et des transports en commun, le centre-ville, c’est là où ça se passe", explique Solène Devys, la co-fondatrice, au micro d’Europe 1.

"Or, le centre-ville, c'est cher. Il faut donc être rationnel en termes de mètres-carrés. L'idée, ça a donc été de se dire ’on va faire des chambres assez compactes’. Les nôtres font 18m2, là où dans l'hôtel quatre étoiles classique, on est plutôt à 25. En revanche, on va se démarquer par la générosité et la conception des espaces", développe-t-elle.

La chaîne prévoit ainsi dans chacun de ses hôtels un espace "club", de 250 à 400 mètres carrés, en accès libre 24h/24, avec de la nourriture, des boissons et une bibliothèque en libre-service. Aussi, la chaîne propose gratuitement le petit-déjeuner, un snack à midi ainsi qu’un apéritif en début de soirée, mais aussi la possibilité de faire un "check-in" à partir de 7h du matin, et un "check-out" jusqu’à 18h. Et les dirigeants l’assurent : c’est rentable, car la "satisfaction client" est au rendez-vous. "Cela nous propulse aux premières places sur les sites de réservation, ce qui est central dans notre métier", assure Solène Devys.

Et côté prix ? Comptez par exemple 130 euros pour une nuit à Lyon lors d’un week-end en avril, 90 euros à Bayonne mais au moins 220 euros à Paris, Porte de Versailles.

H8 Collection mise sur les bâtiments d'exception

Au départ, lorsqu’il achète le "Mas de la Fouque", en Camargue, en 2011, Jean-Philippe Cartier veut en faire "un hôtel de copains". Mais il en achètera huit autres, désormais réunis au sein de son groupe, H8 Collection. Le coup de cœur de départ est devenu une vocation : repérer des lieux et des bâtiments d’exception, pour en faire des hôtels de luxe modernes.

"Nous sommes le pays le plus beau du monde. J’ai voulu aller chercher des pépites dans des endroits non pas urbains, mais qui attirent du monde. Il y a eu une forme de délaissement des hôtels dits de charme, ou de luxe, hors des villes, dans certains endroits. Je pense qu’il fallait juste les réopérer", développe, Jean-Philippe Cartier sur Europe 1.

Un vieil hôtel avec vue sur le Mont-Blanc, un monument historique du 17e à Uzès ou un château de la Loire deviennent ainsi des bâtiments modernes, "qui entrent dans les codes contemporains", avec par exemple salle de sport, bistrots, restaurants et des espaces ouverts aux enfants ou des services pour toute la famille.

Côté prix, cela peut aller d’une centaine d’euros la nuit au Mas de la Fouque ou pour une chambre au bord de la mer à Perros-Guirec, dans les Cotes-d’Armor, à plusieurs centaines d’euros selon les lieux et les types de chambre.

Coucoo se développe dans les sites naturels

Les fondateurs de Coucoo, eux-aussi, cherchent des pépites. Ils ne traquent pas les veilles bâtisses, mais les lieux de charme… naturels, dans des zones qui ne sont pas (du tout) touristiques à l’origine. La marque propose des villages de cabanes, dont certains équipements fonctionnent aux énergies renouvelables et qui se fournissent auprès de producteurs locaux.

"On fait une vraie analyse du lieu pour que le design s’adapte à l’endroit", explique par ailleurs Gaspard de Moustier, le co-fondateur. Aujourd’hui, la marque propose quatre villages, et cinq projets sont en cours. "On s’implante dans des lieux naturels d’exception, donc on met au moins deux ans à avoir les autorisations, car on est dans des zones Natura 2000. On ne veut pas ouvrir dans tous les sens, on veut vraiment ouvrir que des bijoux. Et cela passe par des sites qui sont des vrais paradis de nature", développe le cofondateur. "On arrive à prouver que l’on peut avoir des projets hôteliers, économiques, avec une vraie valorisation de l’environnement".

Côté prix, il faudra compter minimum 145 euros pour une nuit dans l’un de ces "paradis de nature".