Carburants : Macron monte au front, ouvre la voie à un "accompagnement" de l'État

, modifié à
  • A
  • A
Emmanuel Macron monte lui aussi au front face à la grogne provoquée par la hausse des prix du carburant.
Emmanuel Macron monte lui aussi au front face à la grogne provoquée par la hausse des prix du carburant. © Ludovic MARIN / POOL / AFP
Partagez sur :
Le chef de l'État "assume parfaitement" la taxation du diesel, mais a ouvert la porte à un accompagnement de l'État.

Le gouvernement, qui peine à éteindre l'incendie suscité par la flambée des prix des carburants, n'écarte plus désormais des mesures pour atténuer notamment la hausse des taxes sur laquelle se concentre la colère des Français. Emmanuel Macron a rejoint lundi ses ministres dans l'opération de défense de la politique fiscale du gouvernement.

"J'assume parfaitement que la fiscalité due au diesel soit au niveau de celle de l'essence et je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail", a affirmé le président dans un entretien aux journaux du groupe Ebra. Mais il a aussi ouvert la voie à un accompagnement de l'État et une réunion interministérielle s'est tenue dans la matinée sur le sujet, selon des sources gouvernementales concordantes.

Pas de coup d'arrêt à la hausse de la fiscalité. "La région Hauts-de-France a proposé une aide au transport pour ceux qui ont plus de 30 km par jour de déplacement. J'ai demandé au gouvernement de voir comment nous pouvons accompagner cela", a-t-il indiqué, évoquant un défiscalisation de cette aide. "Le gouvernement travaille", confirme-t-on du côté de Matignon, tandis qu'un député qui suit les débats sur le projet de budget 2019 note auprès de l'AFP que "cela bouge côté gouvernement".

"On nous a expliqué pendant des décennies qu'il fallait acheter du diesel et maintenant c'est le contraire. C'est normal que ce soit mal compris", a convenu le chef de l'État. Le ministre de l'Économie a toutefois rejeté tout coup d'arrêt à la hausse de la fiscalité, qui doit encore augmenter au 1er janvier. "Non, elle ne sera pas suspendue. On ne suspend pas la transition écologique, la conversion du parc automobile français, qui est nécessaire", a affirmé Bruno Le Maire sur BFMTV.

Le prix du diesel a augmenté de 23% en un an. En un an, le prix du diesel à la pompe a progressé d'environ 23% contre 15% pour celui de l'essence, surtout à cause de la hausse des cours du pétrole, même si une baisse s'est amorcée depuis deux semaines. Le mécontentement est monté en puissance ces dernières semaines, avec des pétitions rassemblant des centaines de milliers de signatures, et un appel à bloquer les routes et les autoroutes le 17 novembre. De leur côté, Leclerc et Carrefour entendent profiter de cette grogne en annonçant qu'ils vendraient à prix coûtant les carburants en novembre.