Automobile 5:34
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Le marché automobile français a baissé de 30,7% sur un an en octobre, la chute atteignant 37,3% par rapport à octobre 2019 avant la pandémie. Une conséquence directe des pénuries de matières premières nécessaires à la fabrication de voitures, de plus en plus écoulées sur un marché de l'occasion en pleine mutation, selon le directeur général de Citroën.
DÉCRYPTAGE

C'est un chiffre historique : en un an, le nombre d'immatriculations de véhicules neufs a baissé de 30,7% sur le mois d'octobre, avec même une chute de 37,3% par rapport à octobre 2019. Le constat, difficile pour un secteur qui peine à se remettre sur pied après la crise du Covid-19, est celui du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Et il y a plusieurs éléments à retenir de ce véritable plongeon du neuf, signe de profondes tendances au sein du monde de l'automobile, éclaire Vincent Cobée, directeur général de Citroën, sur Europe 1.

Les clients sont toujours là (ils sont même plus nombreux)

La baisse enregistrée en octobre n'est pas liée à une baisse du nombre de clients. Au contraire :  il y a aujourd'hui plus de monde dans les concessions que quand ça allait bien, avant la crise. "Depuis six mois, on a beaucoup de clients", explique Vincent Cobée dans La France bouge. "On sort de 18 mois d'inquiétudes, de restrictions de déplacements, de fermetures de magasins… Tous ces problèmes-là sont principalement résolus et il y a donc une augmentation de la demande. On a des commandes dans nos showrooms et dans nos concessions supérieures à ce qu'on avait en 2019."

La pénurie de semi-conducteurs en cause

Plus de clients, mais des réponses similaires en concession : il faut attendre "trois à six mois" pour disposer de son véhicule neuf, déplore Vincent Cobée, et ce, sur l'ensemble des modèles, ce qui est "historique" en dehors des véhicules en lancement. Ce sont les semi-conducteurs, toutes les pièces électroniques qui permettent aujourd'hui à nos voitures de rouler, qui manquent. On n'arrive pas à en produire suffisamment parce que tous les constructeurs en demandent beaucoup après l'arrêt lié au Covid-19.

L'occasion au plus haut…

Là aussi, le mot "historique" est employé. On n'a jamais vendu autant de voitures d'occasion qu'en ce moment. La progression est actuellement "de 20% à 30%", appuie Vincent Cobée à propos de ce marché un peu atone avant la crise. La conséquence logique de cette croissance est une augmentation des prix, avec une inflation "de plus de 10% en ce moment" pour les modèles concernés, poursuit le dirigeant.

…car le leasing explose

Non seulement les véhicules d'occasion se vendent mieux et plus chers, ils sont aussi de plus en plus récents. "Il y a une augmentation de ce qu'on appelle le leasing, avec un changement des modes de propriété", note Vincent Cobée sur Europe 1. Il s'agit, pour un client, de louer sa voiture sur une longue durée. Une pratique qui a pris de l'ampleur depuis les années 2000 : "Quand, il y a une dizaine ou une quinzaine d'années, 80% des voitures étaient achetées en cash ou avec un emprunt, de plus en plus, on va atteindre des niveaux de 40%, 50% (sur le leasing) pour l'achat de véhicules sur une période de deux, trois ou quatre ans."