Ascoval : Le Maire juge désormais l'offre de reprise d'Altifort "solide"

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Pour Bruno Le Maire l'offre de reprise d'Altifort est "solide". © GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Bruno Le Maire a estimé mercredi que l'offre de reprise d'Altifort était "solide", mais l'État se donne "jusqu'à début décembre" pour finaliser le dossier.  

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a jugé mercredi "solide" l'offre de reprise de l'aciérie Ascoval par le groupe Altifort, qui propose un "projet crédible et viable" selon le cabinet d'experts, ont rapporté plusieurs participants à une réunion décisive à Bercy sur ce dossier. "Aujourd'hui, l'offre d'Altifort me paraît solide" même si "un certain nombre de fragilités subsistent", a déclaré aux syndicats et aux élus Bruno Le Maire, en assurant qu'il y avait "une chance" pour sauver le site de Saint-Saulve, dans le Nord (281 emplois), en redressement judiciaire.

Un projet "crédible et viable". Pendant cette réunion, le cabinet d'experts indépendants Roland Berger, mandaté par le gouvernement pour étudier le projet de reprise, a jugé que le projet était "solide", "crédible" et "viable", en identifiant un "besoin de financement de 180 millions d'euros pour financer la reprise des pertes et les investissements, notamment le train à fil". Le cabinet d'experts a estimé que, parmi les priorités, il fallait que l'usine d'Ascoval, actuellement à l'arrêt, "se remette au travail", selon des participants. "Je ne laisserai personne entraver une reprise crédible pour les salariés et pour le site industriel", a encore déclaré Bruno Le Maire, qui "a choisi de laisser de côté" Vallourec, principal client et premier actionnaire d'Ascoval.

"Une très bonne nouvelle". Ces déclarations, alors que la réunion à Paris n'était pas encore terminée, sont "une très bonne nouvelle", a réagi auprès Salvatore Beneditti, délégué du personnel d'Ascoval et élu au CE. "Ça fait plusieurs mois qu'on se bagarre. On n'y croyait plus (...) Il va falloir remonter nos manches et montrer à Vallourec qu'on n'a pas besoin d'eux".

Altifort a présenté une offre de reprise de l'usine de production d'aciers de moyenne et haute gamme impliquant initialement que Vallourec maintienne pendant un an et demi son niveau actuel de commandes. Or Vallourec, spécialiste des tubes en acier sans soudures et dont l'État est actionnaire à 17%, a refusé cette demande, obligeant le gouvernement et Altifort à travailler sur une proposition alternative. Une offre à laquelle les syndicats veulent croire, mais sur laquelle l'exécutif se montre jusqu'ici prudent. Les sidérurgistes d'Ascoval ne travaillent plus depuis le 23 octobre et ont bloqué vendredi le site de production de Vallourec à Aulnoye-Aimeries pour mettre la pression sur le groupe et le gouvernement.

 

L'État se donne "jusqu'à début décembre" pour régler le dossier. Bruno le Maire a estimé mercredi que les conclusions de l'audit sur la reprise d'Ascoval représentaient "une chance" pour l'entreprise, indiquant que l'État se donnait "jusqu'à début décembre" pour régler les sujets encore "sur la table". "Nous allons jouer cette chance en nous donnant jusqu'à début décembre pour régler les sujets qui sont sur la table", notamment la question "du financement", a assuré le ministre à l'issue d'une réunion à Bercy sur le projet de reprise par le groupe Altifort, disposé selon lui à porter son investissement en fonds propres à "20 ou 30 millions d'euros".