Les clients d'Aigle Azur déboussolés : "Pour l’aller ça va, mais pour le retour il va falloir se débrouiller"

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voyageurs aéroport d'Orly 1280 1:40
© Lionel BONAVENTURE / AFP
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Entre 40.000 et 50.000 voyageurs sont concernés par la suspension des vols de la compagnie Aigle Azur, placée en redressement judiciaire. Les usagers qui pourront encore décoller vendredi devront trouver un billet de retour.
REPORTAGE

Encore 44 vols et ensuite le "blackout". La compagnie aérienne Aigle Azur a annoncé l'annulation de tous ses vols à partir de vendredi soir, conséquence de son placement en redressement judiciaire. Entre 40.000 et 50.000 personnes sont touchés par les déboires de la compagnie, qui assure pour près de la moitié de ses vols des liaisons avec l'Algérie.

Dans les couloirs de l’aéroport d’Orly vendredi matin, juste après le soulagement de savoir que les vols de la journée allaient bel et bien partir, se pose désormais la problématique du retour pour des centaines de voyageurs. Abder se rend en Algérie avec sa femme et ses deux enfants : "Tous les ans je pars avec Aigle Azur", explique-t-il à Europe 1. "Dernièrement, nous avons appris qu’ils étaient en redressement judiciaire. On a pris un aller-retour. Pour l’aller ça va, mais pour le retour il va falloir se débrouiller avec une autre compagnie. C’est un budget en plus", s’agace ce voyageur, qui envisage déjà de réduire son séjour sur place en fonction des tarifs proposés par les autres compagnies.

"Il ne faut pas espérer de dédommagement"

Certains voyageurs, comme Samira, déplorent un manque d’information juste avant d’embarquer : "Ils nous ont dit clairement de prendre un retour avec une autre compagnie, parce que eux ne les assuraient plus", rapporte-t-elle. "Au regard de la situation de la compagnie, il ne faut pas espérer de dédommagement", estime cette jeune femme qui compte désormais se rapprocher de son assurance pour pouvoir se faire rembourser.

Si l’assurance ne prend pas en charge le remboursement du billet de retour, Aigle Azur a indiqué sur son site la démarche à suivre pour demander une créance auprès des mandataires judiciaires, mais ce type de procédure risque de prendre du temps. En attendant, les passagers espèrent surtout que les prix des autres compagnies ne vont pas soudainement se mettre à flamber.

Jeudi soir, le ministère des Transports a promis une mobilisation entière de l'Etat pour identifier des repreneurs. Ils ont jusqu'à lundi pour déposer leur offre.

Europe 1
Par Aurélien Fleurot, édité par Romain David