Affaire Carlos Ghosn : vers un nouveau mandat d'arrêt pour des revenus minorés sur 3 ans de plus

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :

L'ancien président des conseils d'administration de Nissan et de Mitsubishi Motors, Carlos Ghosn pourrait voir un nouveau mandat d'arrêt émis contre lui, selon la presse japonaise. Il est soupçonné d'avoir dissimulé trois années de revenus supplémentaires. 

Le bureau des procureurs de Tokyo a décidé de requérir un nouveau mandat d'arrêt contre Carlos Ghosn, sur des nouveaux soupçons de minoration de revenus sur trois années supplémentaires, ont affirmé mercredi les médias japonais.

Placé en garde à vue depuis plus de deux semaines. Carlos Ghosn, démis de ses fonctions de président des conseils d'administration de Nissan et Mitsubishi Motors après son interpellation à Tokyo le 19 novembre, est en garde à vue depuis pour avoir, selon les enquêteurs japonais, dissimulé aux autorités boursières environ cinq milliards de yens (soit environ 38 millions d'euros) de revenus sur cinq années.

Quatre milliards de yen dissimulés de plus ? Les nouvelles accusations à son encontre, qui justifient selon la presse de relancer une procédure de garde à vue pouvant durer 22 jours à partir de lundi 10 décembre, concernent la dissimulation de revenus sur trois années de plus, pour un montant de quatre milliards de yens (31 millions d'euros).

Les investigations pourraient aussi ultérieurement être étendues à d'autres motifs, Nissan reprochant à son ancien sauveur d'avoir commis des abus de biens sociaux, tels que l'usage de résidences de luxe aux frais du groupe.

Une justice japonaise critiquée. Face à certaines critiques sur la longueur et les conditions de détention venues de l'étranger, en particulier de France, le parquet s'est défendu. "Chaque pays a sa propre histoire, sa propre tradition, son propre système judiciaire. Je ne critique pas les législations des autres pays juste parce qu'elles sont différentes, et je trouve malvenu de le faire", a déclaré Shin Kukimoto, procureur adjoint de Tokyo, à l'occasion d'une conférence de presse jeudi. "Nous ne gardons pas les suspects en garde en vue prolongée si ce n'est pas nécessaire", a-t-il martelé.

Des conditions de détention strictes. Loin de son style de vie naguère fastueux, Carlos Ghosn séjourne à présent dans une cellule d'un établissement pénitentiaire du nord de Tokyo. Ses avocats ne peuvent assister aux auditions et les visites sont très limitées.