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142 millions de déficits : la Chambre régionale des comptes alerte sur le déficit jugé «excessif» de la Gironde

Bordeaux [Philippe LOPEZ / AFP]

La Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine a réévalué le déficit du département de la Gironde à plus de 142 millions d'euros. La collectivité conteste cette méthode, mais doit désormais appliquer un plan de redressement sous surveillance. 

Le bilan est tombé. La Chambre régionale des comptes (CRC) de Nouvelle-Aquitaine a acté un "déficit excessif" du budget de la Gironde pour l'année 2025. Dans un communiqué rendu public, jeudi 16 juillet, elle constate un trou de plus de 142 millions d'euros, représentant 6,97% de recettes de fonctionnement de la collectivité. Le seuil de déficit "excessif" fixé par le Code général des collectivités territoriales est de 5%. 

Le déficit, que l'exécutif girondin avait établi pour sa part à 38,5 millions d'euros, est alourdi de quelque 92 millions d'euros de charges, liées principalement à la compétence sociale du Département, qui auraient dû être rattachées à l'exercice passé selon la CRC, ce que la collectivité contestait.

"La Chambre demande de rattacher 14 mois de RSA et 13 mois de prestations sociales, ce qui mécaniquement crée un déficit quand, dans le même temps, le Département ne perçoit que 12 mois de recettes sociales", a commenté lundi la collectivité.

De longue date, celle-ci avait pris l'habitude, en fin d'exercice, faute de trésorerie, de décaler certaines dépenses d'une année sur l'autre, pour les deux derniers mois de versement des allocations du RSA par exemple. Mais dans le cadre de son contrôle entamé l'été dernier, après un déficit déjà conséquent en 2024, la CRC a demandé de revenir à l'annualité budgétaire.

Un redressement sous contrôle

La procédure initiée par ce déficit "excessif" est une situation "totalement inédite pour un département", souligne Vincent Léna, président de la CRC. Elle implique qu'à partir de 2027, l'élaboration des finances girondines n'aura que deux issues possibles : être validée par la CRC ou être reprise en main par la préfecture — l'équivalent d'une mise sous tutelle.

La CRC a déjà mis sur pied un plan de redressement des finances départementales, dont elle a réitéré lundi les mesures d'économies, de désendettement et de limitation de l'investissement.

"La Chambre n'identifie pas de mesure supplémentaire. La priorité pour le Département est de mener son plan de retour à l'équilibre", souligne la collectivité qui pense pouvoir l'achever d'ici 2028, année électorale. Irréaliste pour l'instance de contrôle, qui juge l'horizon 2029 déjà "ambitieux".

Le président socialiste du Département, Jean-Luc Gleyze, dénonce régulièrement un désengagement financier de l'État aux dépens des collectivités et des dépenses qu'elles doivent assumer, notamment les prestations sociales qui, "si elles étaient compensées à 100%", augmenteraient le budget de la Gironde de "370 millions d'euros".