Zep : Happy Sex 2 "n'est pas pornographique"

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A l’occasion de la sortie d’Happy Sex 2, l’auteur Zep revient sur les évolutions de la société par rapport à la sexualité depuis la sortie du tome 1 de sa BD pour adultes il y a 10 ans.
INTERVIEW

"La sexualité est le terrain de jeu des grands. C’est peut-être le dernier endroit où on a le droit de s’amuser, de jouer un rôle. [...] C’est l’endroit où on est censé s’amuser mais malheureusement, c’est rarement le cas. C’est un sujet qui est souvent trop sérieux, avec une pression trop forte", constate Zep, de son vrai nom Philippe Chappuis, invité de l'émission L'équipée sauvage ce vendredi. 

L’auteur suisse sort Happy Sex 2 (Editions Delcourt), une BD de 60 planches interdite aux moins de 18 ans. Un album et une galerie de personnages dans des situations cocasses  "Ce n’est pas pornographique car ce n’est pas destiné à exciter le lecteur. C’est un album d’humour pour les grands", résume-t-il. 

Pour l’auteur de Titeuf, "on est envahi par la pornographie", ce qui donne "des comportements assez particuliers" comme des "jeunes qui pensent que "l’épanouissement sexuel, c’est l’éjaculation faciale". Il estime ainsi avec Happy Sex 2, être dans un rapport plus réel à la sexualité. 

Applis de rencontre et droit à l’orgasme

Entre les deux tomes d’Happy Sex, dix ans se sont écoulés. Une décennie durant laquelle le rapport à la sexualité a évolué. Ce qui se ressent dans ce deuxième tome. L’auteur de 51 ans s’intéresse ainsi aux applications de rencontre et au sexe connecté. "Pour tous ceux qui ont essayé, c’est assez propice à des gags, ironise-t-il. Il y a toujours des bugs. L’extase est rarement là".

Autre changement, le rôle des femmes dans ces nouvelles planches. "Par rapport au tome 1, les femmes sont des personnages qui revendiquent plus le plaisir, le droit à l’orgasme, de choisir leur sexualité. Ça a vraiment changé en dix ans, Me Too a beaucoup fait pour ça", remarque Zep. "Aujourd'hui on peut parler de masturbation, ce n'est plus honteux ni synonyme d’une pauvre sexualité, se réjouit-il. Au contraire, cela fait partie de l’épanouissement personnel.” 

Europe 1
Par Céline Brégand