Zabou Breitman : à 13 ans, "Renaud était magnifique"

Zabou Breitman
Zabou Breitman © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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A.D , modifié à
De "Récréa 2" à l'Opéra Garnier, Zabou Breitman retrace son parcours d'artiste en compagnie d'Isabelle Morizet dans "Il n'y a pas qu'une vie dans la vie", sur Europe 1.
INTERVIEW

En "fichu et guenilles", Zabou Breitman commence sa carrière d'actrice à 4 ans. C'est son père, scénariste pour Thierry la Fronde, qui lui offre un petit rôle dans le feuilleton. Aujourd'hui, scénariste, réalisatrice, metteur en scène et actrice, elle est à l'affiche de' Arrête ton cinéma ! aux côtés de Josiane Balasko et Sylvie Testud. Elle était l'invitée d'Isabelle Morizet, dimanche sur Europe 1, dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans le vie.

La petite Isabelle - le véritable prénom de Zabou - grandit au milieu des scripts et des caméras. "A 7 ans, je savais ce qu'était 'une nuit américaine', un travelling, un zoom." Un monde dans lequel elle baigne tellement qu'il ne la fait pas forcément rêver : "J'avais plus envie de dessiner."

Amoureuse de Renaud. C'est aussi à 7 ans, en mai 1968, qu'elle rejoint le comité "Gavroche révolutionnaire" crée par un jeune garçon de 13 ans, qui n'est autre que Renaud, le futur chanteur. Zabou Breitman en tombe amoureuse. "Il était magnifique. Il avait une grosse frange blonde et il parlait très bien." 

De Zabou à Zabou Breitman. Mais tout commence vraiment pour elle sur le plateau télé de l'émission Récréa 2, présentée par Dorothée. Problème pour la comédienne, qui joue des petites scénettes dans l'émission : "Il y avait déjà une Isabelle." Elle opte alors pour son surnom, Zabou. Lors de son premier film, elle hésite à reprendre son nom de famille, sans pour autant concrétiser. Sur le tournage de Gwendoline, elle photographie les décors et publie les clichés dans France Soir. Elle reçoit alors un coup de fil de Jean-Marie Cavada, qui travaillait comme distributeur du film. Celui-ci lui reproche la publication, indique qu'aucune photo ne devait filtrer et affirme : "Vous avez fait ça pour l'argent". Avant d'insister : "Mais si, c'est quoi votre vrai nom déjà ?"

L'actrice pense alors à son grand-père déporté. Le choc est puissant. "Pendant dix ans, je n'ai jamais osé le dire, je me sentais coupable." Elle souhaite ensuite reprendre son nom. Le cinéma ne lui en offre pas la possibilité mais le théâtre si, pour la pièce La jeune fille et la mort.

César en 2002. Nouvelle étape pour l'artiste en 2001. Elle réalise Se souvenir des belles choses et obtient le César du meilleur premier film. Le scénario a été écrit avec son père. "C'était simple, on discutait, on rigolait beaucoup, on avait des soupapes." 

Consécration à l'Opéra Garnier. Depuis, elle a mis en scène Le Système Ribadier pour La Comédie française, avec Laurent Lafitte. Mais aussi L'enlèvement au sérail de Mozart à l'Opéra Garnier. Une sorte de consécration qui lui donne envie de recommencer. L'actrice, mère d'une fille et d'un garçon, cite d'emblée L'amour des trois oranges de Prokofiev. Elle dit aussi avoir changé "plusieurs fois de chemin" pour son sixième film. "Il faut un élan très long pour un film. C'est trois ans. Il faut une conviction." Et avoue enfin aussi une envie surprenante : "j'adorerais refaire d'une manière très particulière les chambres d'un hôtel !" 

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