L'Unesco devrait rendre, ce samedi, sa décision quant à l'inscription des plages du débarquement à son patrimoine mondial. Des plages mondialement connues, notamment pour leur nom, dont l'origine a été longuement réfléchie.
Plus de 80 ans après l'opération Neptune qui a marqué le début de la Libération en Europe, les plages du Débarquement devraient bientôt être inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais d'où viennent les noms de ces plages mondialement connues ? Voici les explications d'Europe 1.
"L'esprit symbolique des Américains"
Utah, Omaha, Sword, Gold, Juno, ce sont les cinq noms de code choisis par les Américains, les Anglais et les Canadiens pour brouiller les pistes des nazis et faire de l'opération Neptune une réussite. Réfléchis longtemps à l'avance, les noms trouvés par les États-Unis sont porteurs d'une symbolique forte.
Effectivement, comme l'explique le lieutenant-colonel et historien militaire Vincent Arbaretier, "l'Utah et le Nebraska sont des États d'Américains moyens. Ainsi, en choisissant ceux-là, plutôt que la Californie ou New York, les États-Unis ont voulu dire que tous leurs citoyens étaient concernés par le Débarquement".
Un double sens malvenu
Les Anglais sont, eux, allés piocher dans des codes typiques britanniques ; avec "sword" qui est une référence à "swordfish", qui signifie "l'espadon", et "gold" à "goldfish", pour le "poisson rouge". S'ils avaient initialement pensé à "jelly" pour la "méduse" en anglais, le nom de code a finalement été abandonné, en raison d'un double sens malvenu.
"Jelly, c'est la confiture en anglais", rappelle Vincent Arbaretier. "Donc Winston Churchill et surtout les Canadiens, n'appréciaient pas de débarquer sur une plage qui aurait été surnommée 'confiture'. C'est donc pour cela qu'un lieutenant-colonel canadien a proposé le nom de son épouse", qui était Juno, conclut-il.
Après la guerre, tous ces noms de code ont été gardés pour parler des plages normandes, en mémoire du Débarquement.