Perchées au sommet de falaises vertigineuses, elles dominent les paysages du sud de la France depuis près de huit siècles. Les forteresses pourraient bientôt rejoindre la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Une décision très attendue qui pourrait offrir une reconnaissance internationale à ces monuments.
Le suspense touche à sa fin. Réuni du 19 au 29 juillet à Busan, en Corée du Sud, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco doit examiner une trentaine de candidatures venues des quatre coins du monde. Parmi elles, figure celle des Forteresses royales du Languedoc, un ensemble de sept châteaux médiévaux nichés entre l'Aude et l'Ariège.
Situé dans le sud de la France près de Carcassonne, les monuments médiévaux d'Aguilar, Lastours, Montségur, Peyrepertuse, Puilaurens, Quéribus et Termes ont été sélectionnés parmi une vingtaine d'ouvrages dont l'état de conservation varie selon les sites.
Lancée en 2013, la candidature française a nécessité plus d'une décennie de recherches historiques, d'études scientifiques et de coopération entre collectivités avant d'être officiellement déposée auprès de l'Unesco en janvier 2025. Un travail de longue haleine qui leur permettrait de rejoindre les 54 biens français déjà inscrits au patrimoine mondial.
Des "châteaux cathares" aux forteresses royales
Si ces monuments sont connus du grand public sous le nom de "châteaux cathares", la France les présente à l'Unesco comme les Forteresses royales du Languedoc. Un changement qui s'explique par leur histoire.
Au XIIIe siècle, après la croisade contre les Albigeois, le roi de France reprend ces places fortes et les transforme en un véritable système de défense pour protéger la frontière avec le royaume d'Aragon. Les forteresses que l'on admire aujourd'hui témoignent donc davantage de l'architecture militaire royale que du catharisme, d'où cette nouvelle appellation.
Ce changement de nom fait toutefois débat. Plusieurs habitants, élus et acteurs du tourisme regrettent l'abandon de l'expression "châteaux cathares", devenue au fil des décennies un symbole du territoire et un véritable atout touristique.
Vers une reconnaissance mondiale
Au-delà du prestige, une inscription au patrimoine mondial pourrait donner un sérieux coup de projecteur à ces sites. "La fréquentation du site est en baisse", explique, à l'Agence France Presse, André Doumenc, maire de la commune de Cucugnan, au pied du château de Quéribus dans l'Aude. "En 1995, on était à 92 000 entrées au château et, aujourd'hui, on atteint péniblement 50 000", précise-t-il.
Le label de l'Unseco, souvent synonyme de visibilité internationale et d'une fréquentation touristique en hausse, pourrait être un véritable atout pour les petites communes de France. Notamment grâce à des retombées économiques pour les hébergements, les restaurants, les commerces et l'ensemble de la filière touristique locale.
Cette notoriété accrue impose toutefois de trouver un équilibre. Accueillir davantage de visiteurs tout en préservant des monuments fragiles, parfois construits à flanc de falaise, représente un défi majeur. Les collectivités devront également veiller à protéger les paysages qui font partie intégrante de l'intérêt de ces forteresses.
Le verdict est désormais attendu dans les prochains jours. En cas de feu vert, ces sept sentinelles de pierre rejoindront officiellement le patrimoine mondial de l'Unesco, offrant à l'un des ensembles fortifiés les plus emblématiques de France une reconnaissance à la hauteur de son histoire.