Quelle est l'histoire d'"Asimbonanga", l'hymne politique de Johnny Clegg ?

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Johnny Clegg a toujours été un chanteur engagé.
Johnny Clegg a toujours été un chanteur engagé. © Capture d'écran Youtube
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UN JOUR UN TUBE (17/32) - Tout l'été, Europe 1 vous propose de découvrir chaque jour une chanson qui a marqué l'été. Aujourd'hui, "Asimbonanga", de Johnny Clegg. 

En 1988, Johnny Clegg, surnommé le "Zoulou Blanc", sort son tube, Asimbonanga. Et alors que Nelson Mandela est emprisonné depuis 1964, le titre symbolise toute une époque : "Asimbonanga", en zoulou veut dire "celui qu’on n’a pas vu" : à l’époque, diffuser des photos de Nelson Mandela est illégal en Afrique du sud.

Le chant officiel du Front Démocratique Uni

Un refrain en zoulou, des couplets en anglais : c’est un choix politique de Johnny Clegg, chanteur à la peau blanche de dénoncer l’apartheid en Afrique du Sud. Cette chanson devient même le chant officiel du Front Démocratique Uni, coalition anti-raciale du pays. Elle sort seulement deux ans après un anniversaire bien particulier : celui des dix ans des émeutes de Soweto, qui avait fait 600 morts.

Dans ce pays à la situation tendue, qui vit sous état d'urgence Johnny Clegg a toujours été engagé. Pour son premier groupe, Juluka, il est le premier blanc à n’avoir que des musiciens noirs. Leur tube, Scatterlings of Africa, sorti en 1982 est en tête des ventes aux Etats-Unis et en France. 

Un duo avec Nelson Mandela à Francfort

C’est avec son second groupe, Savuka, qu’il sort Asimbonanga. Johnny Clegg, forcément, est alors censuré en Afrique du Sud. Ses chansons sont interdites. "Nous devions faire preuve de mille et une astuces pour contourner la myriade de lois qui empêchaient tout rapprochement interracial", expliquera-t-il plus tard. Avec son groupe, il se produisait dans les universités, chez les particuliers...

Nelson Mandela, lui, n’est libéré qu’en 1990. Dix ans après, tous deux interprètent Asimbonanga à Francfort. A la fin de la chanson, Nelson Mandela lance : "C’est la musique et la danse qui me mettent en paix avec le monde". Johnny Clegg lui, nous a quitté il y a bientôt un an.

Europe 1
Par Angèle Chatelier