Oscars 2018 : la première cérémonie après l'affaire Harvey Weinstein

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© Photos AFP / Montage Europe 1
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La 90e cérémonie des Oscars, diffusée dans la nuit de dimanche à lundi, se déroule dans un contexte très particulier, quelques mois après l'onde de choc créée par l'affaire Weinstein.

Dimanche soir à Hollywood, il ne sera pas là. Pourtant, Harvey Weinstein occupera tous les esprits. Cette cérémonie des Oscars est la première depuis qu'a éclaté l'affaire de scandale sexuel, liée au producteur américain (récompensé 81 fois dans l'histoire des Oscars). Europe 1 vous explique pourquoi rien ne va se dérouler comme d'habitude.

Une tribune mondiale pour #MeToo. Lors de la cérémonie des Golden GlobesHarvey Weinstein était déjà l'absent le plus présent. Sur le tapis rouge, les actrices s'étaient vêtues de noir, en soutien aux victimes de harcèlement sexuel. La salle s'était levée pour accueillir le plaidoyer politique d'Oprah Winfrey, qui rendait hommage au mouvement #MeToo. Difficile de ne pas envisager le même genre de séquences dimanche soir, à l'occasion d'un événement qui a toujours été marqué politiquement.

Pour autant, Jimmy Kimmel, maître de cérémonie pour la deuxième année consécutive, a annoncé qu'il ne ferait pas de références humoristiques aux mouvements #MeToo et Time's Up. Il a expliqué son choix à ABC en indiquant : "La soirée ne consiste pas à revivre les agressions sexuelles subies par les gens. (...) C'est une remise de prix pour les personnes qui rêvent de gagner un Oscar. (...). Je ne vais pas arrêter les mauvais comportements avec mes blagues".

Un doute plane également sur la cérémonie. Il concerne la possibilité d'accusations en direct. Les Oscars ne sont pas à l'abri d'une prise de parole mettant en cause une nouvelle personnalité du septième art. L'année passée, dans un contexte tout à fait différent, l'actrice Brie Larson a refusé d'applaudir l'acteur Casey Affleck, à qui elle remettait l'Oscar du meilleur acteur. Depuis plusieurs années, le comédien est visé par des accusations de harcèlement sexuel. Une attitude remarquée, mais tout de même vite oubliée, car l'onde de choc de l'affaire Harvey Weinstein n'avait pas encore eu lieu. Par ailleurs, Casey Affleck a déjà fait savoir qu'il ne viendrait pas cette année aux Oscars, pour remettre le prix de la meilleure actrice, comme il est de coutume.

Des nominations déjà témoins d'un "effet Weinstein". Avant même la tenue de la cérémonie, l'Académie a déjà pris des décisions fortes, visibles dès l'annonce des nominations. La plus explicite est l'absence de James Franco pour son rôle dans The Disaster Artist. Pourtant récompensé quelques semaines plus tôt du Golden Globe du meilleur acteur de comédie, il ne figure même pas dans les nommés. En janvier, le comédien a été accusé de comportement inapproprié par cinq femmes.

Le site spécialisé américain Deadline va même plus loin. Il estime que la nomination de Christopher Plummer, dans la catégorie "meilleur acteur dans un second rôle" est un choix politique. Le journaliste Dawn C. Chmielewski affirme qu'il s'agit là d'un message indirect de l'Académie, pour saluer la décision de Ridley Scott d'effacer Kevin Spacey de son film. L'ancienne star de House of Cards est aussi au cœur d'un scandale de harcèlement sexuel depuis novembre.

 

#NeverAgain, inégalités salariales, minorités : d'autres sujets sous le feu des projecteurs.

Outre le mouvement #MeToo, d'autres sujets politiques risquent de s'inviter lors de cette 90e cérémonie, comme l'a souligné Jimmy Kimmel à ABC. Les inégalités salariales entre hommes et femmes, la présence des minorités à Hollywood sont des thèmes réguliers depuis plusieurs années. Il devrait également en être question dimanche soir. Mais cette fois-ci, les têtes sont aussi tournées vers le mouvement #NeverAgain, anti-armes à feu, lancé à la suite de la tuerie de Parkland, en Floride. Un mouvement rapidement soutenu par des personnalités comme George Clooney, Steven Spielberg ou encore Oprah Winfrey. Quelques semaines seulement après le massacre, les Oscars apparaissent comme une tribune idéale, pour faire pression sur le sujet de la régulation du commerce des armes à feu.