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Mode : le XVIIIe siècle et son héritage au coeur d'une exposition à Paris

[Dimitar DILKOFF / AFP]

Le XVIIIe siècle est au cœur d'une exposition à partir de samedi au palais Galliera à Paris. Parmi les dizaines de vêtements et objets exposés se trouve le corset de Marie-Antoinette.

Le XVIIIe siècle, que l'imaginaire collectif assimile aux robes à la française de la reine Marie-Antoinette, est au cœur d'une exposition à partir de samedi au palais Galliera à Paris, où son héritage est disséqué dans la mode féminine.

Parmi les dizaines de vêtements, accessoires, tableaux et dessins exposés, l'un d'eux est particulièrement fragile et rarement montré au public : le corset de Marie-Antoinette. C'est de cette figure au destin tragique que découle le "culte" qui est voué à la mode du siècle qui l'a vue vivre et mourir, et dont l'exposition, prévue jusqu'au 12 juillet, présente les nombreuses réinterprétations jusqu'à aujourd'hui.

Écoutez ici - La mode est-elle toujours un art ?

"En matière de mode féminine, ce siècle est fondateur, tant du côté de la silhouette proposée que de la manière de vendre les vêtements", explique Pascale Gorguet Ballesteros, commissaire de l'exposition.

Révolutions vestimentaires

Il se caractérise par plusieurs révolutions vestimentaires : la première, datant de 1770-1780, voit l'invention des robes à la polonaise, aux "jupes retroussées", puis à l'anglaise, avec "dos ajusté et volume déplacé des hanches vers l'arrière".

Puis, à partir de 1790, la silhouette est libérée, plus naturelle, avec des robes sans corset que "la femme peut revêtir toute seule et non plus avec l'aide d'une servante", explique la commissaire.

Autre évolution : les changements dans les textiles utilisés, avec d'abord une prédominance de couleurs vives et de décors fleuris puis, vers 1770-1780, un goût pour les tissus unis, détaille Mme Gorguet Ballesteros.

Enfin, la troisième révolution voit l'émergence des marchandes de mode, qui diffusent "fichus, éventails, dentelles et rubans permettant d'agrémenter les robes unies", et celle des coiffeurs "qui supplantent les perruquiers".

Inspirations actuelles

Dans sa deuxième partie, l'exposition montre comment le XVIIIe siècle a "infusé dans notre culture populaire", en n'en conservant que le côté "paradis perdu".

Ainsi, à partir de 1840, la mode se remet au corset à baleines : les robes à crinoline, puis à tournure, envahissent les salons et les tissus à dominante florale sont partout, avec une prédilection pour les roses.

Après la Seconde Guerre mondiale, à l'heure où la France a besoin de réaffirmer sa primauté dans le domaine du luxe et des métiers d'art, les grands couturiers - Madame Grès, Christian Dior, Karl Lagerfeld pour Chanel - fouillent dans cette mémoire collective pour créer des robes féériques.

Progressivement, la mode du XVIIIe siècle devient une esthétique à part entière qui aujourd'hui flirte avec les univers kitsch et queer, à l'image de la "drag" Utica Queen, visage de l'exposition.