Les festivals de France, "une tradition très forte"... mais menacée ?

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Alors que la France va accueillir environ 3.000 festivals en tous genres cet été, certains s'inquiètent de la réforme à venir du mécénat.
LE TOUR DE LA QUESTION

Musique, cinéma, théâtre, danse, littérature et même archéologie... Cette année, et principalement cet été, la France va accueillir environ 3.000 festivals en tous genres, ce qui fait de l'Hexagone une terre hors norme. Près de six millions de personnes sont attendues. Une tradition bien française dont l'origine est autant culturelle qu'historique.

"Dans les années 40, après l'Occupation, les reconstructeurs du pays ont conçu de grands projets. On a créé dans les régions des pôles culturels très forts. Les festivals ont pu se créer et naître à partir de ça", décrypte, dans le Tour de la question, Nicolas Briançon, ancien directeur du Festival d’Anjou. Selon ce fin connaisseur du sujet, cela s'est poursuivi, notamment avec André Malraux, qui contribue en 1958 à la création du premier ministère des Affaires culturelles, qu'il dirigera jusqu'en 1969. Et c'est cette politique qui fait qu'aujourd'hui, la France accueille des festivals à la renommée internationale.

"Avignon pour le théâtre, Aix-en-Provence pour les arts lyriques... On a beaucoup de chances. Nous sommes désormais un pays où il y a un maillage culturel très important. Le festival est devenu une tradition très forte. Pour beaucoup de Français, c'est devenu incontournable de venir assister à un concert, à une pièce, l'été [...]. Il y a dans ce retour au plein air presque une volonté de revenir aux origines : le théâtre est né en Grèce, il s’est fait sur les parvis des églises..."

"Limiter le mécénat en France, ce serait catastrophique"

Reste que l'avenir n'est pas encore parfaitement dégagé pour les festivals français. Car si la tradition festivalière est riche, c'est aussi en raison de certains équilibres budgétaires, qui mêlent les recettes liées aux billetteries, les sponsors, les subventions publiques mais aussi les dons privés, de particuliers ou d'entreprises. Or, alors que le gouvernement prévoit de plafonner les avantages fiscaux liés au mécénat, les organisateurs des festivals, confrontés à une hausse des cachets des artistes et des coûts sécuritaires, tirent aujourd'hui la sonnette d'alarme.

"Un festival est une association. Les gens aiment bien les associations. Mais pour vivre, c'est très compliqué. L'auto-financement, avec la billetterie, c'est autour de 40%. Il faut donc trouver des mécènes", s'inquiète Jacqueline Franjoux, directrice du Festival de Ramatuelle. Et de conclure : "Je ne tiens pas à ce que l'argent de l'Etat arrive massivement. Chez nous, il y a des subventions autour de 15%, cela suffit. Mais limiter le mécénat en France, ce serait catastrophique, non seulement pour les saltimbanques que nous sommes, mais aussi pour le patrimoine culturel et humanitaire".