Mort de Jean-Pierre Bacri : cinq rôles cultes d'un râleur attachant

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Jean-Pierre Bacri est mort à l'âge de 69 ans.
Jean-Pierre Bacri est mort à l'âge de 69 ans. © Yohan BONNET / AFP
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Acteur, dramaturge, scénariste brillant et reconnu par ses pairs, Jean-Pierre Bacri s'est éteint ce 18 janvier à l'âge de 69 ans, emporté par un cancer. Récompensé à de nombreuses reprises, salué par le public, il laisse derrière lui de nombreuses scènes et films cultes. 

Jean-Pierre Bacri, acteur, scénariste et dramaturge, est mort lundi des suites d'un cancer, à l'âge de 69 ans. Reconnu par ses pairs, via de nombreuses récompenses, et par le public pour ses rôles de anti-héros, râleurs et désabusés mais tellement attachants, l'acteur avait une place de choix dans le paysage du cinéma et du théâtre français. Une étiquette "d'éternel bougon" qu'il contestait. "Je ne joue pas toujours des personnages râleurs !", avait-il déclaré en 2015, à l'AFP. Retour sur sa carrière en quelques scènes (et autant de films) cultes. 

Cuisine et dépendance (1992)

La genèse de cette étiquette d'éternel râleur ? Ce long-métrage de Philippe Muyl, adapté d'une pièce de théâtre du même nom écrite par Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, son éternelle complice et compagne à l'époque. Le pitch : un couple invite des amis perdus de vue depuis quelques années pour un dîner. Mais ces derniers arrivent avec deux heures de retard. Sans jamais montrer le repas, le film évoque les frustrations des convives qui viennent, tour à tour, se confier dans la cuisine. Bacri incarne George, ami hébergé par les hôtes, naturellement en colère contre tout. A commencer par le retard des invités qui le met en rage et qu'il prend pour du mépris. 

Un air de famille (1996)

Dans ce film réalisé par Cédric Klapisch, d'après la pièce d'Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri, l'acteur incarne Henri Ménard, tenancier du café "Au père tranquille". Au cours d'une traditionnelle réunion de famille hebdomadaire, un évènement fait basculer la routine. Rancœurs et tensions éclatent entre les membres de la famille. S'en suit de nombreuses scènes mythiques, à commencer par la scène d'ouverture où Jean-Pierre Bacri montre au spectateur l'étendu de son potentiel de râleur. 

Didier (1997)

Un premier film pour Alain Chabat où Bacri incarne le rôle titre. Jean-Pierre Costa, agent de footballeurs, garde Didier, le chien d'une amie journaliste. Dans la nuit, l'animal prend une apparence humaine, sous les traits d'Alain Chabat, mais garde un mental de chien. Quiproquos et scènes absurdes sont au cœur de ce long métrage récompensé par un César du meilleur premier film pour le membre des Nuls. Notamment la scène où Jean-Pierre Bacri explique à Alain Chabat qu'on "ne peut pas sentir le cul des gens quand on ne connaît pas".

On connaît la chanson (1997)

Dans ce film d'Alain Resnais, dont il signe le scénario avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri incarne également Nicolas. "On connaît la chanson" est un chassé-croisé de six personnages, dans lequel des bribes de chansons françaises sont interprétées en play-back par les différents comédiens, de Sabine Azéma à Lambert Wilson, en passant par Pierre Arditi. Bacri remportera avec ce long-métrage un César pour sa performance d'acteur dans un second rôle. 

 

Le Sens de la fête (2017)

Dans ce long-métrage d'Eric Toledano et d'Olivier Nakache, Jean-Pierre Bacri est Max, un organisateur de mariage confronté aux aléas de l'événementiel mais aussi à ses problèmes personnels. Entre un personnel débordé, un marié tyrannique et une organisation délicate, l'acteur joue à merveille son rôle de chef d'entreprise désabusé, parfois à la limite de la crise de nerfs. Au début du film, il fait face notamment à un couple de jeunes fiancés qui essaie de négocier à la baisse le devis de leur prestation et estime qu'il n'est "pas très inventif". Sa réponse, cinglante et ironique, colle à la peau de ce personnage attachant et humain.  

Avec plus de 3 millions d'entrées, Le Sens de la fête est un succès populaire. Et l'une des performances marquantes de la carrière de Jean-Pierre Bacri. 

Europe 1
Par Mathilde Durand avec AFP