Jeff Panacloc, artiste ventriloque : "Ce n’est pas un métier normal, il faut penser différemment"

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Ébloui par les spectacles depuis tout petit, c'est en formant son duo avec une marionnette de singe que Jeff Panacloc a rencontré la célébrité. Il s'est raconté dans "Il n'y a pas qu'une vie dans la vie".

Sur son avant bras gauche, il y a un immense tatouage du ventriloque américain Edgar Bergen. Sur son bras droit, trône sa marionnette de singe obsédé, Jean-Marc, les soirs de spectacle. Mais quand il ne joue pas, Jeff Panacloc aime bien faire croire que son Jean-Marc a une existence propre. Au micro d'Isabelle Morizet, l'artiste, qui n'aime pas trop le terme de ventriloque, a raconté sa relation à la limite de la schizophrénie avec sa marionnette et quel chemin il a parcouru pour en arriver à la célébrité.

Une envie de scène depuis l'enfance

Si désormais Jeff et Jean-Marc remplissent les Zénith avec le spectacle Jeff Panacloc contre-attaque, rien n'était tracé. Certes, Jeff Panacloc rêvait de paillettes depuis son jeune âge, se produisait avec son père dans des mariages et poussait la chansonnette. À 9 ans, il passe même à la télé et en est ébloui. Il aime alors les grands shows, les comédies musicales, et c'est toujours le cas aujourd'hui. Mais à 14 ans, quand il commence la magie, il cache ses lacunes dans les tours par du bagout. Un déclic s'opère quand il rencontre dans un cabaret David Michel et sa marionnette Nestor le pingouin. Il est fasciné au point d'intégrer un numéro de ventriloquie à son propre spectacle de magie. Ce n'est toutefois pas encore le grand soir.

La fin des chantiers d’électricité, le spectacle à plein temps

Car à la ville, Jeff, qui a un CAP d’électricien, a une vie non pas sur une scène mais sur des chantiers. Un jour, une panne de réveil le fait arriver en retard. Son patron n'apprécie pas, l'artiste amateur démissionne et il n'a alors pas le choix : la marionnette qu'il a achetée dans la boutique de magie d'un certain Jean-Marc va devoir faire ses preuves à ses côtés à plein temps. Petit à petit, il trouve la bonne tessiture de voix, le caractère de ce singe. Avec Jean-Marc, Jeff passe chez Patrick Sébastien, le numéro fonctionne. Il s'entoure d'amis auteurs et sa carrière décolle véritablement.

Entendu sur europe1 :
Je peux sortir une vanne de Jean-Marc en me surprenant

Aujourd'hui, avec le travail, Jean-Marc et lui se répondent comme dans "une chorégraphie. Les mots vont avec les gestes. C’est très étrange parce que je me devance moi-même. Je peux sortir une vanne de Jean-Marc en me surprenant. Maintenant, c’est tellement naturel que ça sort tout seul de mon bras droit." Le marionnettiste le reconnaît : "C’est très bizarre de faire ça. Je me fais la réflexion sur scène. Ce n’est pas un métier normal. Il faut penser différemment des autres."

Bientôt au musée Grévin

Ensemble, ils sont connus. Ils sont même devenus des personnages de BD et entreront sous peu au musée Grévin. Mais sur scène toujours, Jeff Panacloc s'interroge ."Il n’y a pas une soirée où je ne me demande pas si les applaudissements sont plus forts pour moi ou pour Jean-Marc ou pour les deux ? J’essaie de les prendre pour moi et il n’y a pas de crise de jalousie", souffle celui qui aimerait néanmoins un jour écrire un spectacle musical, sans aucune référence à Jean-Marc.

Et même s'ils sont bien en duo, Jeff Panacloc reconnaît qu'il est fier qu'on connaisse son nom, contrairement à d'autres ventriloques qui étaient cachés derrière leur personnage. Et puis, reste que c'est Jeff et lui seul qui signe les autographes...de cette main droite où Jean-Marc, à ce moment-là, ne trône pas.

Europe 1
Par Aurélie Dupuy