Isabelle Giordano : "Romy Schneider était toutes les femmes à la fois"

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La directrice d'Unifrance publie un ouvrage illustré dans lequel elle revient sur la carrière de la comédienne.

INTERVIEW

Déjà auteure d'une biographie de l'actrice en 2002, Isabelle Giordano retrouve Romy Schneider pour un nouvel ouvrage : Romy Schneider, film par film. Une filmographie illustrée, publiée vendredi, dans laquelle la journaliste et directrice générale d'Unifrance retrace le parcours de la comédienne allemande naturalisée française.

"Elle était obsédée par la réparation". Isabelle Giordano apprécie ce que l'actrice dégageait à l'époque. "Elle incarne une image de femme, qui est un peu celle de toutes les femmes : elle était toutes les femmes à la fois", explique la journaliste dans C'est arrivé cette semaine, sur Europe 1. La directrice générale d'Unifrance s'intéresse depuis longtemps à la comédienne, à la fois séduite par ses choix de vie et surtout "parce que c'est une femme qui avait des opinions politiques, qui avait envie de réfléchir sur la période après-1945". Il faut dire que Romy Schneider fut toujours hantée par cette dramatique période de l'histoire allemande, d'autant plus que l'on prêtait à sa mère des amitiés avec des hauts dignitaires nazis.

Selon Isabelle Giordano, on peut dès lors "faire une lecture sociale et politique de Romy Schneider", qui était "obsédée par la réparation" en raison de la Shoah. Symboliquement, l'actrice portait d'ailleurs une étoile de David autour du cou et avait donné deux prénoms hébraïques à ses enfants.

La renaissance grâce à La piscine. Dans son ouvrage, c'est donc à travers des photos qu'Isabelle Giordano tente de décrypter le mythe Romy Schneider. Si elle ne devait garder qu'un cliché, la journaliste choisirait celui du film de La piscine, où elle est accompagnée d'Alain Delon au bord de l'eau. "Ce film est l'histoire d'une renaissance pour elle. Avant ça, elle pense qu'elle ne sera plus jamais actrice, qu'elle ne trouvera plus jamais de rôle", souligne la journaliste. À l'époque, Alain Delon, son ancien compagnon, avait fait le forcing auprès de la production pour l'avoir à ses côtés dans le long-métrage. Choix payant puisque 2,3 millions de spectateurs se presseront dans les salles pour voir le film de Jacques Deray.