Helena Noguerra : "J’avais besoin d’air parce que j’étais la sœur de Lio"

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Elle est la sœur de Lio et a tout fait pour exister par elle-même. Au micro d'Isabelle Morizet, la chanteuse et actrice a retracé son parcours pour y parvenir.
INTERVIEW

Chanteuse, actrice, mannequin, auteure... "Pour les gens ce n’est pas très clair, je pense que ce qui ressort le plus maintenant, c’est la comédienne", estime Helena Noguerra qui fait pourtant à nouveau vibrer sa corde musicale en sortant un septième album, Nue, aux sonorités de bossa nova. Invitée de l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie, l'artiste a retracé son parcours hétéroclite, lié en pointillés à celui de sa sœur, Lio. Elle explique d'ailleurs avoir tout fait pour tracer son propre chemin.

"Un maximum d'expériences". C'est par les écrans que, d'une certaine manière, Helena Noguerra s'est éloignée de l'image de sa sœur. "Quand je participe à des films qui ont du succès, c’est visible. Je fais maintenant des séries (Au-delà des apparences sur France 3, ndlr.). Après, il y a un public qui sait que je chante parce que j’ai commencé comme ça en 1989, ça fait un bon bail. On dit souvent qu’on a qu’une vie, mais il en faut plein. Je suis très consciente depuis l’enfance que la vie va passer très vite. J’ai envie d’un maximum d’expériences."

"Comme un tsunami". Cette conscience précoce vient peut-être du fait qu'elle a frôlé le star-system très jeune, par l'intermédiaire de sa grande sœur qui a alors 16 ans et qui explose comme chanteuse de variété. "Ça modifie tout. Une jeune fille de 16 ans qui commence à gagner beaucoup d’argent, qui devient le pouvoir d’achat d’une famille en plus d’être une icône, portée aux nues, photographiée, dans toutes les télés, c’est comme un tsunami de joie dont on ne comprend les conséquences que bien après. Sur le moment, c’était joyeux, drôle, excitant, on avait déménagé, on avait une belle maison payée par elle et tout devient malade après", tranche la comédienne. Car, il y a le côté sombre de cette notoriété qui passe juste à côté d'elle.

Entendu sur europe1 :
Toute la lumière est sur une autre, on ne vous voit plus, on ne vous demande jamais si ça va, se construire là-dedans a été difficile

Elle file à New York. "Vous n’existez plus. (...) Je n’étais pas en souffrance. C’est a posteriori que je me rends compte qu’il y a eu de la douleur et de la souffrance. Avec le recul, je vois bien que quand vous avez une petite fille de 10 ans qui est en construction et que toute la lumière est sur une autre et qu’on ne vous voit plus, qu'on ne vous demande jamais si ça va, se construire là-dedans a été difficile mais je l’ai fait vaillamment." Alors, à 15 ans, quand elle est repérée à une sortie de concert et qu'on lui propose de devenir mannequin et de s'envoler pour New-York, elle en profite "pour filer. J’avais besoin d’air parce que j’étais la sœur de Lio. A l’école, ça devenait très compliqué."

"Envie d'être différente". Pour autant, le mannequinat n'est pas son ambition. Elle vise une carrière d'actrice, galère un peu et vient finalement à la lumière par la chanson et encore une fois, par l’intermédiaire de sa sœur qui lui propose de devenir choriste. Elle apprend aussi la guitare et se met à écrire des chansons. "Comme j’étais la sœur de Lio, j’avais envie d’être différente. Je connaissais la variété, je l’accompagnais là-dedans." Sa rencontre avec les musiciens de Versailles, dans la veine d’Air et Daft Punk ou encore Phoenix est déterminante. "Il y avait Katerine que j’ai rencontré à l’époque, Dorian… Je rencontre cette scène-là et me plonge là-dedans."

"Je suis vraiment un cow-boy". Il n'y a d'ailleurs pas que dans la musique qu'Helena Noguerra a pris une voie divergente : Lio a eu six enfants quand elle n'a eu qu'un fils unique, Tanel, musicien et mannequin âgé de 28 ans aujourd'hui. "Je suis vraiment un cow-boy. Je vais toute seule sur mon cheval dans le désert. Donc, un, c’était déjà beaucoup. Et je crois que j’ai donné pour sept. On est très différentes là-dessus et puis, elle avait envie d’être entourée sans doute. Je pense que c’est deux tempéraments très différents", souligne une fois encore Helena Noguerra.

Europe 1
Par Aurélie Dupuy