"Être patraque", une fatigante expression qui nous vient d'une monnaie maltaise

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Dans l'émission d'Europe 1 "Historiquement vôtre", Stéphane Bern se penche sur les racines d'une expression du quotidien. Jeudi, il s'intéresse aux origines d'être "patraque", une locution qui nous vient directement de la langue italienne et d'une monnaie sans grande valeur utilisée sur l'île de Malte.

Stéphane Bern propose chaque jour, dans Historiquement vôtre avec Matthieu Noël, de partir à la découverte de ces expressions que l'on utilise au quotidien sans forcément connaître leur origine. Jeudi, l'animateur nous explique les racines de l'expression de fatigue légèrement maladive "être patraque".

Être patraque, c'est se sentir un peu malade, pas à l'aise, on couve quelque chose… Contrairement à certaines croyances, "patraque" ne s'est jamais écrit en deux mots ("pas traque"), et son origine est bien plus simple : ce mot est une traduction pure et simple de l'italien. On disait chez nos voisins "patacca", ce qui désignait en fait une monnaie utilisée à Malte et qui était sans grande valeur.

Vieilles montres et horloges vétustes

C'est à partir du 17e siècle que l'expression "être patraque" commence à être utilisée en France. On dit également "une patraque" pour désigner une vieille machine qui fonctionne mal, une machine mal fichue. On utilisait notamment ce mot pour les vieilles montres et les horloges vétustes. Et il est vrai que, quand on est patraque, la machine se grippe et personne ne peut plus compter sur nous.

Notez qu'aujourd’hui, plutôt que se sentir patraque, on dit en Espagne " estar como una patata" : on se sent comme une patate. Voilà qui est peu glamour. En Angleterre, l'équivalent est "to be off colour", soit "ne plus avoir de couleur". Bref on est un peu palot. Alors qu'aux États-Unis, c'est "to be running out of steam", manquer de vapeur. Il est temps de remettre des bûches dans la cheminée. Reprenons du poil de la bête grâce à Francis Blanche qui disait "Quand on a la santé, ce n'est pas grave d'être malade."

Europe 1
Par Stéphane Bern, édité par Alexis Patri