Décès du réalisateur de "Chantons sous la pluie" Stanley Donen

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Le réalisateur américain Stanley Donen, à qui on doit notamment "Chantons sous la pluie", s'est éteint à l'âge de 94 ans.
Le réalisateur américain Stanley Donen, à qui on doit notamment "Chantons sous la pluie", s'est éteint à l'âge de 94 ans. © VINCENZO PINTO / AFP
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Le réalisateur, à qui l'on doit plusieurs des comédies musicales les plus marquantes du cinéma, notamment "Chantons sous la pluie" et "Drôle de frimousse", s'est éteint à l'âge de 94 ans. 

Le réalisateur américain Stanley Donen, l'un des derniers représentants de l'âge d'or d'Hollywood, est mort à l'âge de 94 ans, a indiqué samedi l'un de ses fils au Chicago Tribune

Chantons sous la pluie. Il avait réalisé des dizaines de films et de comédies musicales, dont le mythique Chantons sous la pluie en 1952 avec Gene Kelly. Son oeuvre inclut aussi Drôle de Frimousse avec Audrey Hepburn et Fred Astaire. Stanley Donen n'avait jamais remporté d'Oscars pour ses films, mais il avait reçu un Oscar récompensant l'ensemble de sa carrière, en 1998. Selon le Chicago Tribune, citant son fils Mark Donen, le réalisateur est mort d'une crise cardiaque jeudi à New York.

Innovation. Avec lui s'éteint l'un des derniers témoins de l'âge d'or d'Hollywood, et pas n'importe lequel. L'un de ceux qui aura su innover. À l'époque où il restait encore tant à inventer en langage cinématographique, Stanley Donen n'hésitait déjà pas à donner un petit coup de polish au genre des "musicals". En tournant en extérieur, d'abord, alors que la norme restait le studio. C'est le cas dès 1949, alors que le cinéaste n'a pas 25 ans, avec Un jour à New York, première de ses trois collaborations avec Gene Kelly. Plus tard, le même acteur grimpera aux lampadaires dans Chantons sous la pluie. En revoyant les scénarios, ensuite : les tribulations de trois marins en permission à Manhattan rompent avec les intrigues traditionnelles. 

"Donen a emmené la comédie musicale dans une direction brillante et personnelle : non seulement il a osé transposer des habitudes des studios à l'extérieur, mais il a également été capable de filmer avec la même liberté qu'en intérieur", estime l'historien du cinéma David Thompson dans son Dictionnaire du film américain.  

Comédies d'espionnage. Le réalisateur signe ensuite des films plus personnels : le fluide et poétique Donnez-lui sa chance (1953), le western chanté Les Sept femmes de Barberousse (1954), ou encore Drôle de frimousse (1957), dans lequel Audrey Hepburn et Fred Astaire chantent et dansent à Paris. Mais la comédie musicale ne fut pas le seul fait d'arme du cinéaste, qui s'est aussi essayé, avec le fabuleux Charade (1963) et Arabesque (1965) aux parodies de film d'espionnage hitchcockien. Pour le premier, où la légèreté le dispute à la finesse d'écriture, il emprunte d'ailleurs au maître l'un de ses acteurs fétiches, Cary Grant.

Père de trois garçons, Stanley Donen s'était marié cinq fois et avait vécu une brève idylle avec Elizabeth Taylor. Son décès a été confirmé samedi au Chicago Tribune par l'un de ses fils.