Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Procès en appel des assistants parlementaires du RN : ce qu'il faut retenir du premier jour d'audience

Marine Le Pen à son procès en appel.

Le procès en appel de Marine Le Pen, cheffe de file des députés du Rassemblement national et de dix autres prévenus s'est ouvert mardi à Paris : l'ex-candidate à l'élection présidentielle joue son éligibilité pour l'élection présidentielle de 2027 et, plus généralement, son avenir politique.

Les informations à retenir : 

  • Le procès en appel de Marine le Pen a débuté ce mardi
  • En première instance, l'ex-candidate à l'élection présidentielle a été condamnée à quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme sous bracelet électronique et cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire
  • "J’espère pouvoir convaincre les magistrats de notre innocence", confie la cheffe de file des députés du Rassemblement national à l'Assemblée

Marine Le Pen dit n'avoir "aucun sentiment d'avoir commis le moindre délit"

"(Je n'ai) aucun sentiment d'avoir commis le moindre délit lorsqu'en 2004, 2009, 2014, nous avons embauché nos assistants" et "si tant est qu'une faute ait été commise, le Parlement européen n'a pas joué ce rôle d'alerte tel qu'il aurait dû" le faire, a déclaré Marine Le Pen lors de sa première prise de parole à son procès.

L'institution européenne "avait connaissance des éléments d'ensemble constitutifs de ces contrats, nous n'avons rien dissimulé", a-t-elle poursuivi.

Le procès en appel s'est ouvert ce mardi

Le procès en appel de Marine Le Pen, du Rassemblement national et de dix autres prévenus s'est ouvert ce mardi à 13h30 au palais de justice de Paris, dans le centre de la capitale. La finaliste des deux dernières élections présidentielles, qui espère pouvoir se présenter à nouveau en 2027, n'a pas fait de déclaration à son arrivée.

Condamnée à cinq ans d'inéligibilité en première instance

La triple candidate à l'Élysée a été condamnée pour détournement de fonds publics le 31 mars 2025 dans le cadre de l'affaire des parlementaires du RN, par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme sous bracelet électronique, 100.000 euros d'amende et, surtout, cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, c'est-à-dire immédiate, qui l'empêche à date de concourir à la présidentielle - ou, en cas de dissolution, à sa propre succession dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. 

Les juges de première instance l'ont reconnue coupable d'avoir mis en place un "système" entre 2004 et 2016 de captation des enveloppes versées par le Parlement européen aux eurodéputés, destinées à rémunérer leurs assistants dans le cadre de leurs fonctions à Bruxelles et Strasbourg.

"J’espère pouvoir convaincre les magistrats de notre innocence"

Face aux magistrats, le camp nationaliste repart à zéro. "Notre enjeu, cette fois, c’est de faire entendre surtout les arguments juridiques de fond" explique un poids lourd du parti. Marine le Pen de son côté refuse d’évoquer une quelconque stratégie. J’espère pouvoir convaincre les magistrats de notre innocence. Il y a un seul axe de défense c’est de dire la vérité, en espérant être mieux entendus en appel", insiste-t-elle face aux journalistes. Retrouvez notre article ici

Une défense cornélienne

Marine Le Pen entend convaincre de son innocence. Une stratégie à haut risque. En cas de relaxe, elle retrouverait immédiatement la possibilité de se présenter à l’élection présidentielle. Mais l’hypothèse inverse est lourde de conséquences.

Surtout, un éventuel pourvoi en cassation repousserait la décision définitive à quelques semaines seulement du scrutin présidentiel, un délai bien trop court pour mener une campagne crédible et sereine. 

Une autre option existe, plus subtile, mais politiquement délicate. Elle supposerait que la défense accepte le principe d’une condamnation, mais négocie un allègement de la peine. Dans ce scénario, Marine Le Pen serait reconnue coupable, mais bénéficierait d’une inéligibilité réduite. Un compromis qui lui permettrait de rester dans la course présidentielle dès l’an prochain, au prix d’une condamnation judiciaire assumée. Retrouvez la suite de notre article ici