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Sandrine Prioul (à Saint-Lô) / Crédit photo : Thierry ZOCCOLAN / AFP
Deux semaines après le passage des tempêtes Ciaran et Domingos, la campagne paie un lourd tribut. Et ceux qui vont mettre plusieurs mois à s’en remettre, ce sont les éleveurs et leurs bêtes. Privées de courant, exposées au stress, les vaches sont mal en point. Et ça se voit jusqu'à la production de lait, comme près de Saint-Lô dans la Manche.
REPORTAGE

La France n'a pas été épargnée par les intempéries depuis deux semaines. Avant les inondations successives qui ont touché le Pas-de-Calais, la Bretagne et la Normandie ont pris de plein fouet les tempêtes Ciaran et Domingos, avec des vents jusqu'à 193 km/h. La violence des intempéries et les dégâts ont laissé des habitants et des animaux traumatisés. "Toutes nos vaches sont maintenant à l'abri", assure Natacha, éleveuse de bovins. Enfin, à l'abri, seulement devant le robot de traite. Et ses 90 vaches laitières sont stressées.

"Plus de 100 exploitants qui ont appelé sont en détresse"

"Elles ont pris un coup de stress. On voit bien qu'une vache qui donnait 40 litres par jour, va en donner en ce moment en dessous des 30. Oui, ça a bien chuté quand même et on espère qu'il ne se repasse rien d'ici là. Par rapport au stress, certaines peuvent avorter", explique-t-elle. Plusieurs génisses avorteront du stress de ces tempêtes.

Alors Jean-Michel Hamel, de la FNSEA vient soutenir ses collègues. "La production laitière ça va très vite à chuter, ça va très lentement à remonter. La profession a mis en place un numéro vert. On a déjà la cellule. Plus de 100 exploitants qui ont appelé sont en détresse. Il y a des gens qui sont restés plusieurs jours sans traire les vaches. Ça veut dire que le lait est inconsommable et il va en rester quelque chose de toute façon", s'inquiète-t-il. Outre les aides et les indemnités des assurances, ces éleveurs estiment qu'il faudra de longs mois à ces vaches pour effacer les stigmates.