Coupe du monde : comment Antoine Griezmann a pris sa revanche

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Antoine Griezmann après la finale contre la Croatie (1280x640) Odd ANDERSEN/AFP
Antoine Griezmann, sous la pluie, fête le titre de champion du monde des Bleus, dimanche. © Odd ANDERSEN/AFP
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Antoine Griezmann a été à la fois buteur et passeur lors de la finale de la Coupe du monde face à la Croatie. Une douce revanche pour le Mâconnais, quatre ans après la défaite en quarts de finale, face à l'Allemagne, lors du Mondial 2014.

On l'avait laissé en larmes au Maracana de Rio. On l'a retrouvé les yeux embués sur la pelouse du stade Loujniki de Moscou. En quatre ans, entre la défaite en quarts de finale du Mondial 2014 face à l'Allemagne (1-0) et la victoire contre la Croatie (4-2), dimanche, en finale de la Coupe du monde 2018, Antoine Griezmann s'est imposé comme le leader d'attaque des Bleus. C'est lui qui les avait menés en finale de l'Euro 2016, achevé dans les pleurs face au Portugal (défaite 1-0 a.p.). Deux ans après, c'est encore lui qui les a guidés jusqu'à leur deuxième étoile de champions du monde, dimanche.

Impliqués sur trois des quatre buts des Bleus. "Je ne sais pas où je suis !", a réagi à chaud le n°7 des Bleus. "Très heureux. Cela a été un match très difficile, la Croatie a fait un grand match, nous on est rentrés timidement, on a vu que c'était une finale de Coupe du monde, et on s'est lâché petit à petit."

Les Bleus se sont libérés une première fois à la 18e minute quand un coup franc tiré par le Mâconnais a terminé dans le but de Danijel Subasic, après un coup de tête malheureux du Croate Mario Mandzukic. Vingt minutes plus tard, alors qu'Ivan Perisic avait ramené la Croatie dans le match, Griezmann a redonné l'avantage aux Bleus sur un penalty plein de maîtrise (38e). "J'hésite à faire la Panenka de Zidane (en finale du Mondial 2006) mais finalement j'ouvre mon pied", a confié l'attaquant des Bleus. Auteur d'un tir cadré dès la reprise (48e), il a ensuite encore été décisif en remisant le ballon pour Paul Pogba sur le but du 3-1 (59e). Résultat : Griezmann est impliqué sur trois des quatre buts des Bleus et a logiquement été élu "homme du match" par la Fifa.

"Je veux l'étoile, je m'en fous du jeu", avait déclaré Griezmann avant la compétition. De fait, l'équipe de France a adopté durant ce Mondial un jeu qu'il connaît parfaitement, celui de l'Atlético de Madrid, son club, avec lequel il a décroché la Ligue Europa en mai dernier contre l'Olympique de Marseille (3-0). Un jeu ultra-réaliste, où tout le monde défend et dans lequel il s'est affirmé comme l'incontestable leader aux côtés de la flèche Kylian Mbappé.

Quatre buts, le meilleur total depuis Just Fontaine. S'il a débuté la Coupe du monde sur un mode piano, Griezmann est ensuite allé crescendo durant la phase à élimination directe, avec une passe décisive pour Raphaël Varane et un but contre l'Uruguay, en quarts de finale (2-0), puis une nouvelle passe décisive, cette fois pour Samuel Umtiti, en demi-finales, face à la Belgique (1-0). Au final, Griezmann termine la compétition deuxième meilleur buteur, avec quatre buts (certes, trois penalties et un but chanceux sur une faute de main du gardien uruguayen Fernando Muslera…), tout comme Kylian Mbappé d'ailleurs, ce qui constitue le meilleur total pour un joueur français depuis Just Fontaine et ses historiques treize buts lors du Mondial 1958 en Suède.

Avec dix buts lors des grands tournois (dix à l'Euro et quatre à la Coupe du monde), Griezmann, 27 ans et 61 sélections, a égalé la marque établie par Zinédine Zidane, leader et symbole de France 1998. Vendredi, en conférence de presse, Griezmann avait refusé en creux le parallèle avec "Zizou". "Je n'aime pas trop 'Grizou', moi, c'est plus 'Grizi' !" Un "Grizi" qui tient désormais la plus belle de ses revanches et qui a écrit dimanche sa propre histoire.