Pourquoi il ne faut pas "enterrer" Pokémon Go trop vite

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Pourquoi il ne faut pas "enterrer" Pokémon Go trop vite
Une joueuse de Pokémon Go s'apprête à capturer un Roucool à Tokyo, le 22 juillet 2016
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L'application Pokémon Go semble connaître un léger désamour de la part de ses utilisateurs. Mais peut-on l'enterrer pour autant ?

Pokémon Go était très attendu. Sortie le 24 juillet dernier en France, l'application qui permet aux utilisateurs de se glisser dans la peau d'un chasseur de Pokémon, a connu un succès record dans le monde entier. Mais après un mois de jeu, l'application enregistre un léger recul. Elle aurait perdu 5 millions de joueurs quotidiens ces deux dernières semaines d'après Le Monde, sur les 45 millions qu'elle comptait jusqu'à alors à travers le monde. Mais avant de l'enterrer, rappelons que ce jeu gratuit marque un tournant dans le développement de la réalité virtuelle.

Une technologie assez basique. L'un des secrets du succès de l'application, c'est sans doute qu'elle soit en réalité augmentée. Tout utilisateur peut voir surgir un Pokémon sur le banc d'un parc ou sur son lit en le regardant à travers son smartphone. C'est là que réside l'originalité du jeu. Cela n'avait encore jamais été fait à l'échelle mondiale (ou presque) pour une application gratuite. Une nouveauté qui a largement séduit les joueurs

Pour autant la technologie mise en place pour Pokémon Go "est assez basique", explique à Europe 1 Mickaël Marseul, co-dirigeant de l'agence Myoken spécialisée dans le développement de la réalité augmentée. "La technique est assez pauvre parce qu'elle a été optimisée pour fonctionner sur des smartphones bas de gamme", le but étant de la rendre accessible à tous et à une poignée de professionnels. "En fait, la seule chose que Pokémon Go a révolutionnée, c'est l'attention du public pour cette technologie."

Pokémon Go Japon Crédit : TORU YAMANAKA / AFP

Un joueur de Pokémon GO au Japon a découvert un Aspicot en pleine rue.


Une initiation aux possibilités de la réalité augmentée. Mais les industriels ont déjà bien compris que cette technologie, c'était l'avenir. Pour preuve, Google et Alibaba (le Amazon chinois) ont investi plusieurs milliards de dollars dans la start-up américaine Magic Leap qui promet le développement d'une technologie révolutionnaire basée sur la fameuse réalité augmentée. Mais pour qu'elle intègre notre quotidien, il va falloir encore un peu de temps. "Aujourd'hui la RA tout public est limitée par les performances de nos smartphones qui n'ont qu'une caméra à leur disposition", explique le spécialiste

Pour le moment, le casque HoloLense de Microsoft coûte 3.000 dollars (2650 euros) en version d'essai donc il ne va pas débarquer dans tous nos foyers avant plusieurs années. "Il faut du temps pour que ces casques de réalité virtuelle soient rendus plus fiables, miniaturisés et accessibles aux masses. Mais cela va arriver", affirme Mickaël Marseul. "Pokémon Go a ouvert une brèche et maintenant les gens comprennent ce que ça apporte et en quoi c'est révolutionnaire. Il y a plein de concepts bridés qui vont pouvoir se développer."

De la réalité augmentée dans notre quotidien ? On peut très bien imaginer des objets qui entrent dans notre environnement. Par exemple, un flyer venant d'un concessionnaire automobile et qui ferait apparaître la voiture vantée que l'on pourrait faire tourner dans tous les sens, à taille réelle. Ou bien tester les dimensions d'un nouveau canapé au beau milieu de notre salon. Dans le domaine culturel, la réalité augmentée permettrait de reconstituer virtuellement des bâtiments détruits. C'est tout un ensemble de nouveaux usages qui s'ouvre aux utilisateurs de demain à partir du succès populaire de Pokémon Go. 

Mais cette technologie a des limites !

Plusieurs incidents impliquant des dresseurs de Pokémons sont à déplorer depuis la sortie du jeu.