Tour de France : pour les moteurs dans les vélos, "les suspicions remontent à 2010"

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Après de nombreux scandales de dopage, le monde du cyclisme affronte désormais un nouveau type de triche : l'utilisation de mini-moteurs dissimulés dans les vélos.

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Le Tour de France s’élancera samedi du Mont Saint-Michel. Le secrétaire d’Etat aux Sports, Thierry Braillard, a indiqué que cette année des caméras thermiques serait utilisées pour détecter d’éventuels moteurs électriques dans les vélos, un type de triche particulièrement innovant, et auquel les spécialistes du deux roues ont longtemps refusé de croire, se souvient Patrick Chassé, journaliste spécialiste en cyclisme et consultant Europe 1 pour la Grande Boucle.

Défiance. "Les suspicions remontent à 2010", explique-t-il. "A l’époque il y avait un coureur, Fabian Cancellara, qu’on avait vu assez foudroyant sur les classiques du printemps, le Paris-Roubaix, le tour des Flandres, etc... On n’a jamais su si ça c’était réellement passé. Il y avait de fortes suspicions… Derrière il y a eu des contrôles de faits pour faire taire les sceptiques, mais à ce moment-là on avait d’autres problèmes à régler : le vrai dopage, le dopage humain, biologique." Aux Jeux de Londres 2012, la défaite des Français, donnés favoris sur la piste, soulève de nouvelles questions.

Et puis, le 30 janvier 2016, le scandale éclate : un moteur miniature est retrouvé dans le vélo de cyclo-cross de la Belge Famke Van den Driessche. "C’était la fin d’un fantasme parce qu'auparavant on n'avait jamais eu la preuve que des cyclistes, hommes ou femmes, pouvaient utiliser ce type de procédé", explique Patrick Chassé au micro d'Europe 1.

Un système électromagnétique. Les caméras installées sur le tour de France permettront de radiographier les cycles et de détecter d’éventuel appareils dans le cadre ou au niveau des roues. "Avec un système électromagnétique […] ; sous la jante on met des aimants qui permettent de gagner quelques watts", précise Patrick Chassé. Ces systèmes peuvent être déclenchés à distance et l’apport énergétique qu’ils offrent, à hauteur de 10%, n’est pas nécessairement ressenti par le coureur, ce qui pose la question de la complicité.  

Cette triche technologique n’est pas encore sanctionnée pas un cadre légal, mais il est prévu qu’un texte de loi soit proposé à l’automne, précise encore le spécialiste.