Six nations - France-Écosse : faut-il désespérer du XV de France ?

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Six nations - France-Écosse : faut-il désespérer du XV de France ?
Louis Picamoles (de face) et le XV de France étaient très déçus après la défaite contre l'Angleterre, samedi dernier. @ Glyn KIRK / AFP
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Une semaine après la frustrante et courte défaite en Angleterre, l’équipe de France de rugby va tenter de se relancer contre l’Écosse, dimanche après-midi. 

Le XV de France est passé tout près d’un immense exploit, samedi dernier à Twickenham. Les hommes de Guy Novès, malgré une très belle prestation, ont cependant dû s’incliner en fin de match contre l’Angleterre (19-16), en ouverture du tournoi des Six nations. Un scénario cruel qui n’est pas sans rappeler les deux défaites frustrantes concédées lors de la tournée de novembre dernier, contre l’Australie (25-23) et la Nouvelle-Zélande (24-19). Alors, faut-il désespérer de ce XV de France, qui affronte dimanche après-midi l'Écosse ? Europe 1 ouvre le débat.

  • Oui : "Les mêmes maux depuis de longs mois"
    Par Julien Ricotta

Que ce soit sous le mandat de Philippe Saint-André (2011-2015) ou sous celui de Guy Novès (depuis 2016), les supporters du XV de France entendent toujours le même refrain : les Bleus perdent, mais ils se rapprochent des meilleurs. Cette méthode Coué ne résiste cependant pas à la froide réalité statistique : depuis les débuts de l’ancien gourou du Stade Toulousain, les Français n’ont pas obtenu la moindre victoire contre une grosse nation de l’ovalie. Les trois derniers matches contre l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre se sont à chaque fois soldés par une défaite.

Outre ce triste constat purement comptable, l’analyse des raisons de ces échecs ne rassure pas davantage. Car ce XV de France souffre des mêmes maux depuis de longs mois. Certes, on ne s’ennuie plus devant le jeu autrefois si restrictif de Philippe Saint-André. Avec Guy Novès, place aux mouvements, à l’offensive, à un grain de folie à même de soulever les foules. Sauf que à chaque match, il manque toujours quelques mètres pour réussir un essai décisif ou encore de l’essence dans le moteur pour tenir le rythme.

Autre problème récurrent : l’instabilité chronique, presque congénitale de l’effectif du XV de France. Guy Novès a utilisé 54 joueurs en un an, allant jusqu’à rappeler l’ancien banni Mathieu Bastareaud. Le sélectionneur n’a même toujours pas trouvé sa charnière, et doit déplorer les mêmes lacunes dans le jeu au pied. Le temps presse désormais pour le XV de France, qui n’a plus terminé sur le podium du tournoi des Six nations depuis 2011. Une éternité.

  • Non : "Cette équipe de France a entamé une longue mue"
    Par Simon Ruben

On peut, effectivement, se focaliser sur les statistiques. Quatre victoires sur onze rencontres pour les Bleus de Novès, un piètre bilan, dans la droite ligne de l’ère Saint-André. Néanmoins, si l’on creuse un peu, si l’on regarde notamment le jeu proposé par le XV de France depuis un an, on s’aperçoit alors assez aisément des progrès réalisés. La France développe désormais un jeu basé sur la vitesse, le redoublement de passes, les courses. C’est un rugby dynamique, audacieux, que les Bleus s’emploient à présenter à chaque rencontre. Un jeu moderne qui leur a permis de faire douter l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre, soit les trois meilleures équipes du monde. Ce n’est pas rien.

Il faut bien comprendre que cette équipe de France a entamé une longue mue. Dans le jeu, mais aussi dans les hommes, avec un groupe rajeuni. Pour preuve les présences de novices ou quasi-novices, comme Paul Jedraziak et Jefferson Poirot (24 ans), Baptiste Serin (22 ans) ou encore Cyril Baille (23 ans). Attendre de ce groupe des résultats immédiats, c’est céder trop facilement au diktat de l’instantanéité. Laissons le temps aux Bleus. Les changements profonds mettent, forcément, plus longtemps à venir.

Enfin, dans l’organisation des entraînements, le changement aussi est arrivé… et mettra du temps à porter ses fruits. Les Bleus passent désormais plus de temps à Marcoussis pour se préparer et jouer ensemble. Gardons en tête que l’objectif n’est pas tant de gagner le Six nations dès cette saison, mais bien d’aller gagner le Mondial 2019. Ceci dit, soyez sûrs que les Bleus, d’ici là, ne vont pas se tourner les pouces. Car eux-aussi sont impatients. Eux-aussi, comme les supporters, ont envie de victoire. Ici et maintenant.