Romain Bardet : "Je n'en reviens pas"

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Romain Bardet : "Je n'en reviens pas"
Romain Bardet a remporté jeudi sa première étape sur le Tour de France.@ Jeff PACHOUD/AFP
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ÉMOTION - Le coureur de l'équipe AG2R-La Mondiale avait du mal à réaliser après sa victoire à Saint-Jean-de-Maurienne, jeudi.

Après avoir signé deux troisièmes places, l'une au Plateau de Beille, le 16 juillet, et l'autre à Mende, samedi dernier, Romain Bardet a enfin pu lever les bras sur ce Tour de France 2015, jeudi, à l'issue de la deuxième étape alpestre qui arrivait à Saint-Jean-de-Maurienne. "Je n'en reviens pas", a admis le jeune coureur français, 24 ans, vainqueur de sa première étape sur le Tour. "C'est tellement difficile de gagner une étape ! Je connaissais le parcours, on (l'équipe AG2R-La Mondiale, ndlr) l'avait reconnu lors d'un stage au printemps. Mais c'était très long dans les derniers kilomètres." En tout, Bardet, qui a attaqué à un kilomètre du sommet du col du Glandon, seulement suivi par le Colombien Winner Anacona (Movistar), a fait près d'une quarantaine de kilomètres seul en tête, dont les fameux lacets de Montvernier. "Sur le haut des Lacets, c'était un vrai stade", a souligné le coureur tricolore. "Les encouragements se répercutaient en écho, ils me donnaient la chair de poule."

A l'arrivée, Bardet a pu échanger avec l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy :

"Le plus dur a été de prendre l'échappée." Mercredi, Bardet avait souffert d'une hypoglycémie et avait rallié l'arrivée loin de meilleurs. "Les six premiers kilomètres ont été difficiles aujourd'hui (jeudi) car, au départ, ce n'était pas encore les grandes sensations, il a fallu s'accrocher. Et le plus dur a été de prendre l'échappée", a reconnu le héros du jour, qui s'était révélé aux yeux du grand public l'an dernier, en prenant la sixième place du classement général. "J'ai eu beaucoup de chance d'avoir mon ami Christophe Riblon dans l'échappée, mais aussi Jan Bakelants (deux coéquipiers, ndlr). Je savais qu'avec mes talents de descendeur, je pouvais faire l'écart (dans le Glandon)."

L'actuel président de la République a également félicité Bardet dans un tweet :



"Romain est allé à l'avant, j'ai coupé mon effort et je n'aurais pas dû." A l'arrivée, Bardet a devancé Pierre Rolland de 33 secondes. Forcément rageant pour le grimpeur de l'équipe Europcar, qui a fait travailler ses coéquipiers, Thomas Voeckler et surtout Cyril Gautier, dans la grande échappée du jour. "C'est une deuxième place plus que décevante. Mais c'est le sport...", a reconnu Rolland avec une pointe d'amertume. "J'ai voulu jouer, laisser travailler les autres, Romain était devant, c'est quelqu'un que j'apprécie. Après, avec Cyril (Gautier), on a pris nos responsabilités. Je n'ai pas de mots pour décrire ce que Cyril a fait pour moi. Je suis allé au bout de mon effort. Dans le Glandon, il y a eu un petit accrochage, Fuglsang a été jeté (à terre) par une moto. Romain est allé à l'avant, j'ai coupé mon effort et je n'aurais pas dû. Je suis content que ce soit lui qui l'emporte même si, évidemment, j'aurais préféré que ce soit moi." Il reste encore deux étapes aux coureurs français pour se mettre en évidence, deux arrivées au sommet qui attisent les convoitises, La Toussuire vendredi et l'Alpe d'Huez samedi.