Qatar : quand les coureurs cyclistes servent de cobayes

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Qatar : quand les coureurs cyclistes servent de cobayes
Jérémy Roy a accepté d'ingérer une gélule connectée avant de concourir pour les épreuves. @ KHALED DESOUKI / AFP
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Durant les Mondiaux de Doha, les cyclistes ont été confrontés à des températures allant jusqu'à 40 degrés. 

Les coureurs cyclistes engagés aux Mondiaux de Doha servent de cobayes volontaires pour étudier les conséquences des efforts à soutenir par forte chaleur, un problème qui risque de concerner les joueurs de football du Mondial-2022 attribué au Qatar.

Une gélule pour mesurer la température. Une gélule ingérée avant la course permet de relever avec précision la température corporelle, laquelle peut dépasser les 40 degrés. "C'est pour voir comment les organismes réagissent", a expliqué le Français Jérémy Roy, qui s'est prêté à l'expérience, organisée sous l'égide de l'UCI, dans le contre-la-montre bouclé mercredi la 34e place. "On avait déjà vu cet hiver des publications d'études faites au Qatar en vue du Mondial de foot sur l'acclimatation à fournir".

"Peut-être un peu dangereux". Ce thème brûlant va de pair avec celui de la santé. "Ce sont les mêmes conditions pour tout le monde mais, pour l'organisme, ce ne sont peut-être pas les meilleures conditions possibles, c'est peut-être un peu dangereux", estime le coureur français, qui possède une formation scientifique. "Je m'étais quand même préparé à cette température. J'avais déjà expérimenté les entraînements dans le chaud à domicile avant le Tour de France. En arrivant ici, quatre jours avant la compétition, j'ai refait de gros efforts sous la chaleur", a-t-il ajouté en reconnaissant : "je n'ai pas non plus déployé l'acclimatation optimale en venant ici 15 jours avant par exemple. Mais, d'un autre côté, cela n'aurait pas été simple pour s'entraîner".

Brumisateurs et poches de glace. Par rapport à la course en ligne, qui durera en principe plus de six heures dimanche prochain, Jérémy Roy a relevé la différence ("ce ne seront pas 250 kilomètres à bloc comme dans un chrono") mais a regretté l'absence de portiques équipés de brumisateurs.  "On peut faire du vélo ici mais il faut prévoir des accessoires pour diminuer la chaleur. Les brumisateurs en font partie comme en feront partie les postes de ravitaillement avec de l'eau fraîche, des poches de glace sur le corps pour essayer de se refroidir au mieux." L'objectif reste toujours de "tempérer l'organisme, faire baisser la température interne".