Présidence de la Fifa : les sept candidats au banc d'essai

  • A
  • A
Présidence de la Fifa : les sept candidats au banc d'essai
Gianni Infantino et Michel Platini : deux des candidats déclarés à la présidence de la Fifa.@ Valéry HACHE/AFP
Partagez sur :

TEST - La prochaine élection à la présidence de la Fifa pourrait mettre aux prises huit candidats.

C'est un choc pour la Fifa. Habituée depuis 1998 au règne sans partage du Suisse Sepp Blatter, réélu à quatre reprises (!), l'instance internationale a vu débouler pas moins de sept candidatures pour sa prochaine élection (celle de David Nakhid a été invalidée mercredi, ndlr), fixée au 26 février 2016. Mieux, après les mésaventures de Michel Platini, aucun grand favori ne se dégage. En attendant que le comité de candidature juge de la recevabilité de chacun des dossiers (et notamment de celui de Michel Platini), Europe 1 vous présente, par ordre alphabétique (neutralité oblige), les sept candidats à la présidence.

Prince Ali

AFP

Le prince ALI, Jordanie, 39 ans, président de la fédération jordanienne.Les plus : en mai dernier, il avait poussé Sepp Blatter à un deuxième tour de scrutin, un petit exploit en soi. Frère du roi Abdallah, le plus jeune des huit candidats à la présidence dispose d'un solide entre-gent dans le Golfe. Et a fait de la respectabilité son argument de campagne n°1.
Les moins :Seul opposant à Blatter en mai dernier, il avait rallié à lui tous les déçus du "blatterisme", à commencer par certaines fédérations européennes, qui avaient voté davantage contre Blatter que pour Ali. Il lui sera difficile d'exister cette fois, compte-tenu de sa jeunesse.

Bility

AFP

Musa BILITY, Libéria, 48 ans, président de la fédération libérienne.
Les plus :Musa Bility a réussi à rassembler cinq parrainages, ce qui constitue déjà une surprise en soi. A quel point est-il capable de rassembler le continent africain ? Mystère. En tout cas, lui y croit : "Je ne veux pas me lancer dans une course que je ne suis pas en mesure de gagner".
Les moins : son déficit de notoriété devrait être rédhibitoire.

Jérôme Champagne

AFP

Jérôme CHAMPAGNE, France, 57 ans, ancien secrétaire général de la Fifa.
Les plus :En janvier dernier, Europe 1 avait longuement reçu ce fin connaisseur du football et de la chose diplomatique (ce qui peut aider, avouons-le), qui n'avait pas pu se présenter en mai faute de parrainages. A la Fifa entre 1999 et 2010, Jérôme Champagne  connaît parfaitement le fonctionnement de l'institution. Et puis, surtout, il a un programme, argumenté et détaillé. Pas inutile dans une campagne, si ?
Les moins : Son expérience est aussi le principal défaut de sa candidature. Comment représenter le changement quand on a travaillé avec Sepp Blatter pendant aussi longtemps ?

Gianni Infantino

AFP

Gianni INFANTINO, Italie/Suisse, 45 ans, secrétaire général de l'UEFA.
Les plus :sorti du chapeau par l'UEFA, celui qui dirige habituellement d'une main de maître et d'un sourire malicieux les tirages au sort des compétitions européennes a été propulsé candidat n°1 de fait par l'instance européenne, qui ne prend même plus le soin de ménager Michel Platini dans ses communiqués. Candidat de l'UEFA, ça pèse.
Les moins : Infantino, avocat de formation, veut-il vraiment être président de la Fifa ? Ou a-t-il été placé là pour être la roue de secours de l'UEFA, si la candidature de Platini venait à être écartée ? Cela reste nébuleux.

Michel Platini

AFP

Michel PLATINI, France, 60 ans, président de l'UEFA (actuellement suspendu).
Les plus : il gère depuis 2007 la plus puissante des confédérations de football, l'UEFA. Il y a imposé sa patte de dirigeant travaillant "pour le football et les footballeurs", lui qui en a été l'un des plus grands de tous les temps.
Les moins :est-il utile de préciser ? Archi-favori de la campagne, "Platoche" doit faire face à une suspension de 90 jours qui met en péril sa candidature, dans les faits comme sur le fond. L'UEFA semble l'avoir lâché et la montée au feu de plusieurs candidats crédibles, comme le cheikh Salman et Tokyo Sexwale, joue clairement en sa défaveur.

Cheikh Salman

AFP

Cheikh SALMAN, Bahreïn, 49 ans, président de la Confédération asiatique.
Les plus : Membre de la famille royale du Bahreïn, président de la puissante confédération asiatique, le cheikh Salman dispose d'un CV bien copieux. Soutien initial de Platini, il peut espérer constituer un axe Europe-Asie.
Les moins : il est critiqué par les organisations de défense des droits de l'homme pour son rôle dans la répression du soulèvement populaire de 2011 au Bahreïn. Pour une instance en quête d'exemplarité, ce n'est pas idéal.

Tokyo Sexwale

AFP

Tokyo SEXWALE, Afrique du Sud, 62 ans, ancien compagnon de cellule de Nelson Mandela.
Les plus : Engagé très tôt dans la lutte contre l'Apartheid en Afrique du Sud, Sexwale a pour lui son passé militant. Il s'est "fait" loin, très loin du monde de football, ce qui, dans le climat actuel à la Fifa, peut être un atout. Il a également le soutien de la puissante fédération allemande.
Les moins :son manque de référence dans le monde du football peut lui jouer des tours. Car ce ne sont pas citoyens qui voteront le 26 février, mais bien les 209 représentants des associations membres de la Fifa. Qu'il n'est pas inutile d'avoir travaillé un peu au corps...