Sotchi : gays OK, mais alors discrets

  • A
  • A
Sotchi : gays OK, mais alors discrets
@ REUTERS
Partagez sur :

JO 2014 - Le ministre russe des Sports a rappelé les sportifs homosexuels à leurs obligations.

Aéroport de Sotchi (930x620)

© REUTERS

Les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, qui débuteront maintenant dans moins de 200 jours, le 7 mars 2014, ne se préparent pas exactement dans la plus grande sérénité. Après plusieurs polémiques autour de l'avancement des sites ou du "nettoyage" de la ville, une nouvelle affaire vient secouer cette année pré-olympique : elle concerne la promulgation par le président russe Vladimir Poutine d'une loi punissant tout acte de "propagande" homosexuelle devant les mineurs. Cette loi, jugée discriminatoire par plusieurs associations de défense des droits de l'homme, a déjà suscité plusieurs pétitions appelant au boycott et des réactions outrées de la part de plusieurs athlètes, dont le patineur américain Johnny Weir.

"Les sportifs qui ont une orientation sexuelle non traditionnelle"

Jeudi, le ministre russe des Sports, Vitali Moutko, a tenu à faire entendre la voix des autorités. "Personne n'interdit aux sportifs qui ont une orientation sexuelle non traditionnelle de venir à Sotchi, mais s'ils sortent dans la rue pour en faire la propagande, ils devront en répondre devant la loi", a prévenu le ministre, cité par l'agence de presse R-Sport. Les responsables russes emploient rarement les termes de "gays" ou "homosexuels" et préfèrent utiliser la formule "orientation sexuelle non traditionnelle". "Un sportif qui vient dans un pays étranger doit respecter ses lois", a encore souligné Moutko. "Venez (à Sotchi), mais n'impliquez pas les jeunes, ne faites pas de la propagande." L'homosexualité a été considérée comme une maladie mentale en Russie jusqu'en 1999.

Selon cette nouvelle loi, surnommée loi "anti-gays" par ses détracteurs, une personne physique risque de 4.000 à 5.000 roubles d'amende (100-125 euros) pour une telle "propagande", une personne dépositaire de l'autorité publique de 40.000 à 50.000 roubles (1.000-1.250 euros) et une entité juridique, de 800.000 à un million de roubles (19.000-23.500 euros). Les étrangers risquent une amende pouvant aller jusqu'à 100.000 roubles (2.300 euros), et pourront en outre être détenus 15 jours et expulsés. Fin juillet, la loi a été pour la première fois appliquée à des étrangers en Russie. Quatre Néerlandais, venus tourner un film sur les droits des homosexuels en Russie, ont été accusés de faire "la propagande de l'homosexualité". Ils ont été condamnés à verser chacun une amende de 3.000 roubles (70 euros).