Route du Rhum : "essentiellement de la souffrance" pour Peyron

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Route du Rhum : "essentiellement de la souffrance" pour Peyron
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INTERVIEW E1 - Le skipper de Banque Populaire VII est l'une des têtes d'affiche de la Route du Rhum.

Loïck Peyron avait prévu un retour à une Route du Rhum à l'ancienne. Mais le skipper nantais sara finalement au départ de la Route du Rhum, dimanche, à la barre du maxi-trimaran Banque Populaire VII (ex-Groupama 3, vainqueur de l'édition précédente), laissé vacant par Armel Le Cléac'h, qui s'est blessé à une main il y a deux mois et demi.

"Le patron de Banque Populaire VII, un bon copain, m'a appelé. J'étais au large des côtés bretonnes, en train de faire ma qualification pour la Route du Rhum sur mon tout petit trimaran jaune. Je n'ai pas dit oui tout de suite mais je suis ravi !", a confié Loïck Peyron dans Europe 1 matin.



Loïck Peyron : la Route du Rhum "c'est la...par Europe1fr

"Du quasi-ingérable." A la barre d'un monstre de 31,5 mètres de long, le navigateur, qui reconnaît aisément qu'il a plus la carrure du chien Rouky (du dessin animé Rox et Rouky) que du boxeur Rocky, espère être physiquement d'attaque pour cette semaine en mer. "C'est essentiellement de la souffrance mais c'est une gestion passionnante !", insiste le marin. "La gestion non pas de l'impossible mais en tout cas du quasi-ingérable : normalement, ces bateaux-là sont menés par dix ou douze personnes. Là, on est seul, il y a un travail intellectuel et physique réellement passionnant."

Concilier le sommeil et les aléas du vent. Parmi les difficultés d'une telle épreuve, la gestion du sommeil apparaît en tête de liste. "Il y a un pilote automatique, heureusement. C'est le compagnon indispensable d'un solitaire", souligne le triple vainqueur de la Transat anglaise. "La nuit, dans certaines allures, ça barre presque même mieux qu'un humain ! Un trimaran, ça peut chavirer, essentiellement sous l'action de la force du vent. Le vent est quelque chose de variable, ça n'arrête pas de changer. Et quand on dort, on est tributaire de la variation du vent que va suivre plus ou moins ce pilote automatique, mais il ne va pas "choquer" les voiles en conséquence. Notre problème n'est pas de dormir mais de savoir s'endormir, nous endormir le plus rapidement possible pour récupérer, relâcher la pression, tout en restant connecté au bateau pour aller vite "choquer" une voile le cas échéant et éviter de chavirer."

Pas de grigri et peu de... poignées de main. A quelques heures du départ, dimanche, à Saint-Malo, Loïck Peyron avoue que la préparation de sa valise ne va pas lui prendre trop de temps. "Pas de valise… et rien !", sourit-il. "Je suis de moins en moins fétichiste ! J'emmène très peu de choses. Ma tendre épouse a certainement caché un tout petit grigri mais je n'emmène plus les petites chaussures de mes enfants, deux-trois petites choses que je pouvais prendre lors de mes tours du monde ou transats. Je suis davantage concentré sur l'objectif maintenant." En revanche, Loïck Peyron prend soin de ne pas multiplier les poignées de main. "On croise des milliers de gens, on a potentiellement pas mal de risques d'emmener des petits microbes avec nous", explique-t-il. Outre le Nantais, sept autres navigateurs vont barrer des multicoques lors de cette Route du Rhum, comme Francis Joyon (Idec Sport) ou Thomas Coville (Sodebo Utim').