Marseille : à quoi ça sert d’être capitale européenne du sport ?

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Marseille : à quoi ça sert d’être capitale européenne du sport ?
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La cité phocéenne a été désignée capitale européenne du sport, en 2017.

Non, Marseille ne se résume pas qu’à l’OM. C’est en substance le message délivré par la mairie de la cité phocéenne après avoir été désignée capitale européenne du sport pour 2017. Le maire de la ville, Jean Claude Gaudin (UMP), s’est félicité de cette «  marque de confiance apportée à Marseille ». Mais cette récompense reste  méconnue du grand public. Europe1.fr vous explique à quoi servira ce label pour la ville de Marseille, qui dépense chaque année 70 millions d’euros pour la jeunesse et les sports.

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Qui décerne ce prix ? Vous ne connaissez sans doute pas l’Association des capitales européennes du sport (ACES). Cette institution méconnue décerne chaque année la récompense à une cité de plus de 500 000 habitants, depuis 2001. Ce prix distingue les villes où le sport représente un vecteur d'intégration de toutes les catégories sociales et qui respectent l'éthique ainsi que le rôle du sport dans l'amélioration de la qualité de vie, de la santé physique et psychologique des habitants.

Mais ne vous y trompez pas, le prestige de ce label est plus que relatif. Comparons avec un autre prix. En 2013, Marseille a été désignée capitale européenne de la culture. Un prix remis par la Commission européenne et pour lequel Lyon, Bordeaux et Toulouse étaient en concurrence. Alors que pour la capitale européenne du sport, Marseille a triomphé de Sofia, en Bulgarie. Une ville qui n’est pas vraiment perdante, puisqu’elle sera capitale européenne…en 2018.

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© Reuters

Quel impact pour l’image de Marseille ? Le nageur Frédérick Bousquet, conseiller municipal délégué à ce dossier, a expliqué que l’idée "derrière ce label, c’est de mettre en avant le sport. Il y a des centaines de disciplines sportives qui ont besoin d'être soutenues et rendues accessibles à tout le monde ». En creux, on devine que Marseille veut s’affirmer comme autre chose que la ville de l’OM et du Cercle des nageurs de Marseille.

Mais du côté de l’opposition, on tempère l’enthousiasme de la municipalité. Stéphane Mari, le président du groupe socialiste à la mairie de Marseille contacté par Europe1, "préfère qu’on parle de (sa) ville avec ce label plutôt que des règlements de compte. Mais ça n’a rien à voir avec la capitale européenne de la culture. C’est une escroquerie intellectuelle de la ville de Marseille. Surtout, ça ne va rien nous rapporter".

Quelles réalisations concrètes ? Premier constat : la commune labellisée ne gagne pas de subventions pour financer l’organisation de l’évènement. Ce qui fait s’interroger Stéphane Mari "ça ne nous rapporte rien. Au lieu d’avoir de l’argent, combien allons-nous payer ?". L’adjoint aux sports Richard Miron a évoqué la création d’une faculté de formation aux métiers commerciaux et industriels du sport, ou encore l'aménagement d'une zone d'activités autour des industries du sport, mais aucun montant n’a filtré.

Richard Miron a également expliqué vouloir "permettre d’intensifier le développement des infrastructures sportives". Un point que partage Stéphane Mari : "dans les quartiers nord, six piscines ont été fermées. Et tous les terrains de foot sont en terre, alors que dans le sud de Marseille il y a beaucoup de terrains synthétiques, bien plus adaptés à la pratique sportive". Il y a au moins un chantier qui est terminé à Marseille : celui du Stade Vélodrome, qui sera inauguré jeudi en grande pompe.