Le Stade toulousain est-il vraiment en danger ?

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Le Stade toulousain est-il vraiment en danger ?
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RUGBY - Les Rouge et Noir n'ont qu'un point d'avance sur le dernier du Top 14 avant leur déplacement à Bayonne, vendredi.

Le plus beau palmarès du rugby français (19 titres de champion de France, 4 victoires en Coupe d'Europe) est-il en danger ? Après six journées et avant de se déplacer sur le terrain de l'Aviron bayonnais, vendredi soir, le Stade toulousain pointe à la 9e place du classement du Top 14, avec un point d'avance seulement sur le premier relégable et, surtout, quatre défaites de rang au compteur. Du jamais-vu depuis les années 1970. Le spectre d'une relégation, qu'ont connue l'an dernier deux autres monuments du rugby français, Biarritz et Perpignan, est déjà agitée par les plus pessimistes.

Mais le coach historique du "ST", Guy Novès (ci-dessous), en place depuis 21 ans (!), se veut rassurant et avance une explication à la mauvaise passe actuelle du club. Le Stade Toulousain est "un boxeur qui a souvent gagné ses combats mais à qui on demande de continuer à gagner avec une main attachée dans le dos et une main dans le plâtre", souligne-t-il. "Je ne vais pas me réfugier derrière les blessés, mais il y a quand même un grand nombre de joueurs absents et ça contribue à nos difficultés actuelles."

Guy Novès, manager de Toulouse (1280x640)

Un jeu approximatif. Pourtant, les absences n'expliquent pas tous les maux toulousains. Les Rouge et Noir sont régulièrement dominés en conquête (six ballons perdus sur 13 touches lors de la dernière défaite face au Racing-Métro) et maladroits ballon en main, avec quantité d'en-avants et de mauvaises transmissions. Le jeu toulousain, autrefois loué pour sa flamboyance, est aujourd'hui moqué pour son imprécision. Les mauvais résultats actuels renforcent l'idée d'un déclin sportif, qui avait émergé la saison dernière.

Le Stade n'avait terminé que quatrième du classement - avec une seule victoire à l'extérieur - et avait été éliminé dès les barrages, manquant les demi-finales pour la première fois depuis... 1993 et l'arrivée de Novès. "En sport, ce sont des cycles", considère le tout jeune retraité Sébastien Chabal, désormais observateur de l'actualité du Top 14. "On a connu de grands clubs qui n'existent plus aujourd'hui. C'est un amalgame pas simple à construire : il y en qui réussissent mieux que d'autres. Aujourd'hui, peut-être que Toulouse est dans le creux de la vague et doit repenser son système de  formation et professionnel mais je pense qu'à la fin de la saison, Toulouse sera présent."

Joueurs du Satde toulousain (1280x640)

Le virage du professionnalisme manqué ? A la fin de la saison, mais après ? Le consultant rugby d'Europe 1 Eric Blanc estime que Toulouse, plus gros budget de France, a manqué un virage. "Avec l'émergence des grands clubs qui sont structurés, type Toulon, Racing ou Montpellier, Toulouse, qui avait de l'avance, n'en a plus. Il doit se réinventer, repenser à son modèle sportif. Peut-être faut-il repenser le système avec le gourou Novès."

Le "gourou Novès", le terme est lâché. En place depuis plus de deux décennies, le manager des Rouge et Noir ressentirait-il l'usure du pouvoir ? "Il faut plus d'énergie pour se maintenir en haut de l'échelle que pour y arriver", résume Jean-Claude Perrin, autre consultant Europe 1. Surtout après 21 ans serait-on tenté d'ajouter, ce qui constitue quand même, et il faut le rappeler, un exploit.

Interrogé par le quotidien L'Equipe, l'ancien demi d'ouverture du club (1999-2001), Alain Penaud, a un avis tranché. "Toulouse est une monoculture", souligne-t-il. "C'est pourtant bien de respirer autre chose de temps en temps. On apprend beaucoup des autres. Quand tu réinjectes constamment des mecs qui ont la même culture (sans doute pense-t-il à William Servat et Jean-Baptiste Elissalde, deux anciens joueurs du club, qui secondent aujourd'hui Novès, ndlr), tu finis par ressasser les mêmes concepts de jeu et par ignorer tout ce qui se fait de bien par ailleurs et qui pourrait te permettre de progresser. S'ouvrir, chercher, c'est aussi ça le professionnalisme." Voilà un constat qui fait mal. Mais peut-être moins qu'une éventuelle cinquième défaite de rang, vendredi, à Bayonne.

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