Mondiaux d'athlétisme à Pékin : les rendez-vous à ne pas manquer

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Mondiaux d'athlétisme à Pékin : les rendez-vous à ne pas manquer
Deux ans après les Mondiaux de Moscou, Usain Bolt et Justin Gatlin vont se retrouver face à face.@ Olivier MORIN/AFP
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ATHLÉ - Les meilleurs athlètes du monde ont rendez-vous du 22 au 30 août au stade olympique de Pékin.

Deux semaines après la fin des Mondiaux de natation, c'est au tour du deuxième grand sport olympique, l'athlétisme, d'être à l'honneur, avec les championnats du monde, qui ont lieu cette année à Pékin. A un an des JO de Rio, les meilleurs athlètes des cinq continents vont s'affronter dans le magnifique écrin du "Nid d'Oiseau", sept ans après les Jeux de Pékin. Europe 1 a sélectionné pour vous cinq épreuves à ne pas manquer, avec l’œil avisé de notre consultant, Jean-Claude Perrin.

Dimanche 23, 15h15, 100 m hommes : Bolt en terrain à reconquérir. Il avait fait du "Nid d'Oiseau" son repaire. En 2008, à même pas 22 ans, Usain Bolt avait été la star des Jeux olympiques de Pékin en remportant trois médailles d'or, avec trois records du monde à la clé, dont celui du 100 m, en 9"69, qu'il portera à 9"58 l'année suivante aux Mondiaux de Berlin. Sept ans après, "Lightning Bolt" revient sur la terre de ses exploits. Entre temps, il a gagné tous les grands titres possibles, mis à part le 100 m des Mondiaux de Daegu, en 2011, où il avait été disqualifié au départ. Tenant du titre sur 100, 200 et 4x100 m, Bolt va-t-il réussir à enchaîner des quatrièmes Mondiaux en or ? Rien n'est moins sûr. Très discret cette saison, il a néanmoins rassuré son monde le 24 juillet dernier, au stade olympique de Londres, en signant deux 100 m en 9"87. Mais, sur la ligne droite, ce ne sera pas lui le favori. Champion du monde en 2005, Justin Gatlin, de cinq ans son aîné (33 contre 28 ans), s'est réinstallé au sommet des bilans après une suspension de quatre ans pour dopage, entre 2006 et 2010. Dauphin de Bolt en 2013, l'Américain, auteur des quatre meilleurs chronos de la saison (dont un 9"74 à Doha), espère prendre sa revanche. Chaud devant !

L'avis de Jean-Claude Perrin :"Le 100 m, c'est là où on voit l'impact mondial et universel de l'athlétisme. La finale va être sur les plans médiatique, sportif et émotionnel, le sommet de ces championnats. L'intérêt est décuplé cette année par la présence de Bolt et d'adversaires qui peuvent l'inquiéter et peut-être même le battre. Pour moi, Bolt part avec un léger avantage parce que les pronostiqueurs basent toutes leurs analyses sur les performances individuelles en meeting. Or, à l'exception du championnat des Etats-Unis, il n'y a pas eu d'épreuve avec trois courses en deux jours pour Gatlin, son principal adversaire."

Renaud Lavillenie (960x640)

Lavillenie part à la conquête de son premier titre mondial en plain air. (A.Grosclaude/AFP)


Lundi 24, 13h05, Perche hommes : Lavillenie pour une première. Champion de France, Champion d'Europe, champion olympique, champion du monde en salle, recordman du monde : Renaud Lavillenie a presque tout gagné. Presque, car il manque encore un titre majeur à la star de l'athlétisme tricolore : celui de champion du monde en plein air. Par trois fois, il a dû se contenter d'une médaille : du bronze en 2009 et 2011, de l'argent en 2013. Le Tricolore est (encore) le seul à avoir franchi 6 mètres en 2015 (6,05 m à Eugene, 6,03 m à Londres). Mais son double échec à Saint-Denis puis à Lausanne en début d'été a rappelé que Lavillenie n'était pas infaillible. L'Allemand Marcel Holzdeppe (5,94 m cette année), le Canadien Shawnacy Barber (5,93 m) et le Brésilien Thiago Braz (5,92 m) seront ses principaux rivaux.

L'avis de Jean-Claude Perrin :"Lavillenie a montré que techniquement et psychologiquement, il était solide dans les grands championnats. La perche est un sport à très haut risque et là et ses adversaires, même s'ils ne sont pas encore à son niveau, sont sur ses talons. Donc il ne faudra pas qu'il fasse de faute. Mais, pour moi, il reste inattaquable actuellement."

Vendredi 28, 15h20, 110 m haies hommes : Martinot-Lagarde dans le grand monde. Médaillé de bronze lors des championnats d'Europe, l'an dernier, Pascal Martinot-Lagarde espère toucher du doigt sa première breloque mondiale. Brillant lors de la saison en salle, avec un titre de champion d'Europe du 60 m haies à la clé, "PML" va se confronter à la crème des hurdleurs. Quatrième meilleur performeur de l'année - derrière le Cubain Orlando Ortega, le Jamaïcain Omar McLeod et l'Américain David Oliver -, il constitue l'une des meilleures chances de médaille française dans une discipline toujours à haut risque.

L'avis de Jean-Claude Perrin : "Lagarde, c'est le talent de l'incertitude et de l'imprévision. S'il arrive en finale, on va encore reconsidérer le problème. Pour moi, la grosse cote, c'est le Cubain, il est très sûr et très rapide. Derrière Ortega, ils sont tous dans le cas de Martinot-Lagarde, à l'affût."

Samedi 29, 15h10, 4x100 m hommes : un duel Etats-Unis-Jamaïque arbitré par la France. C'est peu dire qu'Usain Bolt avait mal vécu la défaite concédée face aux Etats-Unis en mai dernier, lors de la première édition des championnats du monde des relais. Le double champion olympique du 100 m avait pointé du doigt le fait que trois des quatre relayeurs américains avaient déjà été convaincus de dopage par le passé, à commencer par Justin Gatlin et Tyson Gay. Nul doute que les Caribéens ont des envies de revanche sur une course aussi spectaculaire qu'inattendue. Emmenée par son duo Vicaut-Lemaitre, l'équipe de France, qui prépare souvent bien son affaire, pourrait tirer son épingle de jeu. Et ne pas attendre qu'une équipe qui a terminé devant elle soit disqualifiée pour récupérer une médaille...

L'avis de Jean-Claude Perrin : "Ça sent la poudre ! La zone des 20 mètres de transmission avec des vitesses de plus en plus grandes amène une incertitude totale que même les plus grands entraîneurs ne peuvent prévoir. Devant ces incertitudes techniques, la France peut nous apporter une grande satisfaction."

Genzebe Dibaba (960x640)

Genzebe Dibaba, la nouvelle pépite du demi-fond. (Vidar Ruud, NTB Scanpix/AFP)


Dimanche 30, 13h15, 5.000 m femmes : Nom : Dibaba, prénom : Genzebe. On connaissait Tirunesh Dibaba, voici maintenant Genzebe. Après avoir vécu quelques saisons dans l'ombre de sa grande sœur, Genzebe, brillante chez les juniors et en salle, a frappé un grand coup cet été en effaçant le record du monde du 1.500 m, vieux de plus de 20 ans et qui était la propriété de la Chinoise Qu Yunxia, dont les performances avaient suscité - pour le moins - la suspicion, à l'époque. En 3'50"07, elle a même fait mieux que l'une des légendes de l'athlétisme... masculin, le Finlandais Paavo Nurmi. Le 4 juillet dernier, Dibaba est également passée tout près du record du monde du 5.000 m lors du meeting de Paris Saint-Denis, après avoir déposé la meilleure performeuse de l'année, une autre Ethiopienne, Almaz Ayana. Entre 1.500 et 5.000 m, Dibaba a hésité à disputer les deux épreuves. Ce devrait finalement être le cas.

L'avis de Jean-Claude Perrin : "Elle a démontré avec ses courses de Monaco puis de Paris son aptitude à gagner les deux courses, à la fois le 1.500 m et le 5.000 m. Le calendrier de Pékin le lui permet. Contre Ayala, sur 5.000 m, sa marge se situe dans les 200 derniers mètres, sur son changement de rythme et son accélération. Mais attention, un championnat, ce n'est pas un meeting et la dimension tactique entre davantage en ligne de compte."