Vinokourov, à l'ancienne

  • A
  • A
Vinokourov, à l'ancienne
@ REUTERS
Partagez sur :

JO - Le Kazakh est devenu champion olympique devant le Colombien Rigoberto Uran, samedi.

Personne n'attendait Alexandre Vinokourov. De là à dire que personne ne l'espérait. En tout état de cause, les Britanniques, eux, n'avaient d'yeux que pour leur héros, le champion du monde Mark Cavendish. Mais la course en ligne des Jeux olympiques, dont l'arrivée était jugée sur le Mall, la grande artère menant à Buckingham Palace, ne s'est pas achevée au sprint, mais entre deux hommes, qui avaient joué au plus fin pour se sortir d'un groupe d'une trentaine de coureurs à une dizaine de kilomètres de l'arrivée : Vinkourov et le Colombien Rigoberto Uran.

Vinokourov devient champion olympique :

Et c'est donc Alexandre Vinokourov, suspendu un an pour dopage aux transfusions homologues en 2007, sorti de sa retraite en 2009, qui a été sacré champion olympique, quatre ans après l'Espagnol Samuel Sanchez. "On m'a déjà posé la question du dopage en 2010. J'ai démontré depuis que 'Vino' était toujours 'Vino'", a-t-il rétorqué samedi.

Déjà médaillé d'argent en 2000

Gallopin, Chavanel, Démare, Bourgain

© REUTERS

Le Kazakh, qui aura 39 ans le 16 septembre prochain, avait déjà été médaillé olympique en 2000, à Sydney, où il avait pris l'argent sur la course en ligne entre Jan Ullrich et Andreas Klöden, ses équipiers à la Deutsche Telekom. Douze ans plus tard, il s'est offert l'or en résistant dans le final au retour des autres échappés aux côtés du Colombien Rigoberto Uran, qui n'a pas été en mesure de lui disputer l'or. "Quand je suis parti, je me suis dit "deuxième, c'est bien", mais je l'ai déjà fait", a confié le coureur Astana au micro de France 2. "C'est magnifique, la plus belle récompense de tout ce que j'ai fait pour le cyclisme, pour le Kazkhstan. C'est un rêve qui se réalise."

Une victoire sans oreillettes

Vinokourov a fait valoir sa science de la course dans une épreuve où les oreillettes n'avaient pas droit de cité.  "Moi, je n'ai pas besoin d'oreillettes. Je vois la course de l'intérieur. C'est sûr qu'avec les oreillettes, ou avec des équipes plus fournies, comme aux championnats du monde, il y aurait eu un sprint massif à l'arrivée", a résumé le Kazakh. Lors de cette course en ligne olympique, le nombre de coureurs était de cinq pour les grandes nations contre neuf aux Mondiaux.

"Vino", qui avait été très en vue dans la dernière semaine du Tour, remporte sa victoire la plus significative depuis son retour dans le peloton en 2009. Il y a deux ans, il avait remporté Liège-Bastogne-Liège en dominant (déjà) dans un sprint à deux le Russe Alexandr Kolobnev. Cette victoire avait fait couler beaucoup d'encre, un magazine suisse ayant affirmé que Vinkourov avait "acheté" cette victoire.

Un succès de prestige avant la retraite

Après s'être fracturé le fémur en 2011 sur le Tour de France, qu'il avait terminé à la 3e place en 2003, Vinokourov avait annoncé la fin de sa carrière avant de prolonger une saison de plus. Aujourd'hui, alors qu'il a décroché la médaille d'or olympique, il ne le regrette pas.

"C'est magnifique d'arrêter là-dessus !", s'est-il exclamé. "C'est une belle fin de carrière. Jalabert, Virenque, ont arrêté de belle façon. Je voulais faire comme ça (...) Je ferai aussi le contre-la-montre mais ce sera seulement pour tourner les jambes." Une belle fin pour "Vino".