Ribéry, candidat au Ballon d'Or ?

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Ribéry, candidat au Ballon d'Or ?
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LIGUE DES CHAMPIONS - Le Français est l'un des joueurs clés du Bayern, finaliste de l'épreuve.

Franck Ribéry peut-il décrocher la plus haute distinction individuelle du football mondial, le Ballon d'Or Fifa France Football ? La question aurait pu paraître incongrue il y a quelques semaines encore. Mais, à quelques heures de la finale de la Ligue des champions entre le Bayern Munich et le Borussia Dortmund, samedi soir, à Wembley (20h45), elle ne l'est plus tout à fait. Europe1.fr a essayé de mesurer les chances de l'international tricolore à l'aune d'un match qui pourrait (presque) tout changer.

POURQUOI IL POURRAIT L’AVOIR

Ribéry face à Alves (930x620)

© REUTERS

Des statistiques brillantes. De l'avis de tous, Franck Ribéry, arrivé au Bayern en 2007, réalise sa saison la plus accomplie sous les couleurs bavaroises. Cela se traduit dans les chiffres. "Francky", qui n'a disputé que 27 rencontres de championnat (24 fois titulaire, 3 fois remplaçant) en raison de petites blessures, est ainsi impliqué sur 24 buts, avec 10 réalisations à son compteur personnel et surtout 14 passes décisives. Ce chiffre en fait même le deuxième meilleur passeur d'Europe, derrière le Barcelonais Andres Iniesta (15 passes décisives). En Ligue des champions, Ribéry, véritable feu follet, est le joueur qui a mené le plus de courses vers l'avant, avec 116, soit 24 de plus que Lionel Messi, selon les chiffres données par le site officiel de la Bundesliga. L'international tricolore présente également un taux de passes réussies de 86% et il est le deuxième joueur du Bayern à avoir provoqué le plus de fautes (23). Cette année, Ribéry a trouvé le bon équilibre entre provocations balle au pied et justesse technique. Reste maintenant à soulever le trophée…

Ribéry marque un but splendide à Mönchengladbach :

Ribéry

En course pour le triplé. Si ses statistiques sont moins flamboyantes en Ligue des champions, avec un seul but et quatre passes décisives en 11 matches (10 fois titulaire, 1 fois remplaçant), Ribéry a largement apporté son écot à la qualification du Bayern pour la finale. Il a notamment été remarquable en demi-finales contre le Barça (4-0, 3-0), avec deux actions de grande classe : sa remontée de balle sur le troisième but d'Arjen Robben, avec crochet sur Messi à la clé, lors du match aller, et son débordement côté gauche pour le but de Thomas Müller lors du match retour. Qualifié facilement pour la finale de la Ligue des champions (7-0 sur les deux matches !), sa troisième en quatre éditions, le Bayern a également survolé son championnat domestique en l'emportant avec... 25 points d'avance sur le Borussia Dortmund, son adversaire en finale samedi, et +80 de différence de buts. Et, après Wembley, ce ne sera pas encore fini puisque le week-end prochain, le 1er juin, le Bayern disputera la finale de la Coupe d'Allemagne contre Stuttgart. Le Bayern est donc à deux matches seulement d'un triplé historique.

Ribéry se débarrasse de Messi :

Ribéry fête le titre (930x620)

© REUTERS

Une assurance retrouvée. Lorsque le Bayern s'est fait peur en huitièmes de finale retour face à Arsenal (défaite 2-0, l'une des trois concédées par le Bayern toutes compétitions confondues), Ribéry n'était pas sur la pelouse. Un hasard ? Peut-être pas. Ribéry, qui achève sa sixième saison en Bavière, a acquis aujourd'hui un statut d'indéboulonnable. Plus sobre mais toujours aussi décisif sur le terrain, il jouit d'une popularité sans commune mesure à Munich, chez les spectateurs comme dans son club. Parallèlement à sa superbe saison avec le Bayern, Ribéry a également retrouvé un statut de titulaire indiscutable en équipe de France et a rarement déçu sous le maillot bleu en 2013. A 30 ans tout juste, "Kaiser Frank" semble également mieux maîtriser sa communication, qui a longtemps été son talon d'Achille.

POURQUOI IL PART DE LOIN

Franck Ribéry (930x620)

© REUTERS

Une moindre exposition. Championnat consacré par la présence de deux de ses représentants en finale de la Ligue des champions, la Bundesliga souffre cependant d'un déficit d'exposition médiatique par rapport à la Premier League et à la Liga, retransmises dans le monde entier. Même quand on s'appelle le Bayern, difficile de lutter quand on a d'un côté un derby de Manchester United-City ou de l'autre un clasico entre le Barça et le Real. De par son passé un brin sulfureux, qu'il soit sportif (grève à Knysna) ou extrasportif (affaire Zahia), Ribéry ne bénéficie sans doute pas de la reconnaissance footballistique qu'il mériterait. Son côté franc du collier et sa "gueule cassée" n'en font pas non plus un champion des annonceurs, un plus quand il s'agit de décrocher une récompense "globale" comme le Ballon d'Or.

Franck Ribéry et Lionel Messi, 930

© REUTERS

Deux monstres à devancer. Ribéry n'a pas le comportement d'un premier de la classe, comme peuvent l'avoir Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Mais il n'y a pas que l'image : l'Argentin et le Portugais, qui ont trusté les deux premières places du classement ces deux dernières années, ont réussi une première partie d'année impressionnante. Si la Ligue des champions a échappé au Barça et la Coupe du Roi filé entre les doigts du Real Madrid, les duettistes n'en ont pas moins réalisé des performances statistiques étonnantes. A deux journées de la fin de la Liga, Messi en est à 46 buts et 12 passes décisives et Ronaldo à 34 buts et 10 passes décisives : des chiffres faramineux obtenus il est vrai dans un championnat aux défenses peut-être plus lâches qu'en Allemagne. Mais ça, on ne peut pas le quantifier.

Lionel Messi, 930

© REUTERS

Un mode de scrutin désavantageux. Depuis le début du siècle, Michael Owen en 2001 ou Fabio Cannavaro en 2006 ont obtenu le Ballon d'Or, alors pourquoi pas Ribéry ? Ces deux joueurs ont été récompensés non pas pour leur talent individuel (réel) mais pour les performances de leur équipe respective (Liverpool pour Owen, l'Italie pour Cannavaro), un modèle qui pourrait s'appliquer à Ribéry, élément qui surnage dans un effectif munichois qui compte également d'autres grands joueurs (Müller, Lahm, Schweinsteiger, Robben, etc.). Oui, mais voilà, en 2009, le scrutin a changé et dorénavant, capitaines et sélectionneurs votent. Alors que les journalistes avaient tendance à valoriser la réussite collective, les acteurs du football, eux, votent davantage pour celui qu'il considère être le meilleur joueur de la planète. C'est pourquoi Messi sera encore favori à sa propre succession en janvier 2014. A moins que Ribéry ne marque l'histoire de la finale de samedi, avec plusieurs passes décisives ou/et un but d'anthologie...