Nicosie-PSG : Djebbour, vis ma vie de footballeur à Chypre

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Nicosie-PSG : Djebbour, vis ma vie de footballeur à Chypre
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L’attaquant franco-algérien de l’Apoel Nicosie, Rafik Djebbour, affronte le PSG mardi soir.

Loin des fastes de la capitale, le PSG se déplace mardi soir à Chypre pour y affronter l’Apoel Nicosie en Ligue des Champions. Dans cette équipe constituée d’illustres inconnus, un nom est familier : Rafik Djebbour. L’attaquant franco-algérien, né à Grenoble et formé à Auxerre, a posé ses valises cet été à Chypre, dix ans après avoir quitté la France. L’occasion de découvrir la vie de footballeur professionnel sur cette petite île méditerranéenne qui vibre pour le ballon rond.

Des fervents fans. L’Apoel Nicosie n’est pas le club le plus connu d’Europe. Mais à Chypre, c’est une toute autre histoire. Rafik Djebbour, interrogé par Europe 1, a choisi d’y relancer sa carrière après un passage difficile à Nottingham Forest, en deuxième division anglaise : "C’est un club familial, mais c’est surtout le club le plus populaire de l’île". L’Apoel évolue dans un petit stade de 23.000 places, le GSP Stadium, mais devant des fans à la ferveur impressionnante. C’est aussi pour ça que l’attaquant, meilleur buteur du championnat grec avec l’Olympiakos le Pirée en 2013, a posé ses valises à Chypre.

Les 5.000 fans de l’Apoel Nicosie à Lyon, en 8e de finale de Ligue des champions en 2012 :

Un club ambitieux. Il faut dire aussi que l’Apoel rafle tout sur son île. Le club a gagné les deux derniers championnats locaux, et ça ne suffit plus à le contenter. L’attaquant international algérien, avec qui il a disputé le Mondial 2010, explique : "C’est un petit club qui a de grandes ambitions. On veut rester champion chaque année. Et puis on veut construire des équipes compétitives." Et pour l’instant, ça fonctionne. La preuve : le FC Barcelone s’est imposé par la plus petite des marges face à l’Apoel (1-0), lors de la première journée de Ligue des champions.

Pas peur du PSG. Les performances du club chypriote sont un authentique exploit. L’Apoel dispose d’un budget de 2 millions d'euros de budget, à comparer avec les…près de 500 millions du PSG. De quoi avoir peur ? "Non, pourquoi ?", demande Rafik Djebbour. "Le PSG on connait, ce sont des grands joueurs, une grande équipe. Mais ça va être un beau challenge, on est en train de montrer une belle image de l’équipe." Actuellement premier du championnat chypriote, les coéquipiers du Franco-Algérien ont tenu en échec l’Ajax Amsterdam lors de leur dernier match de Ligue des Champions (1-1).

Djebbour a disputé le Mondial 2010 avec l'Algérie.

© REUTERS

L’Apoel aime la France. Si vous imaginez que le PSG va écraser facilement l’Apoel Nicosie, vous vous avancez un peu vite. Rafik Djebbour rappelle : "Il y a deux ans, l’Apoel a sorti Lyon (en huitièmes de finale de la Ligue des champions 2012, ndlr). Il y a peu de clubs en France qui peuvent se vanter d’atteindre les quarts de finale de la compétition." L’an dernier, le club chypriote avait aussi battu Bordeaux en phase de groupes de la Ligue Europa (2-1). L’Apoel et la France, c’est une vraie histoire d’amour. 

Djebbour, loin de l'hexagone. Mais on ne peut pas en dire autant entre Rafik Djebbour et sa terre natale. Interviewé par l'AFP, l'attaquant explique les raisons de son départ de la France, il y a dix ans : "J'ai senti le racisme dès le centre de formation. Des personnes proches de nous, dans l'encadrement, étaient censées adhérer à la France multiculturelle mais votaient Front National. Il y a vraiment quelque chose d'anti-maghrébin en France, et je l'ai ressenti comme beaucoup d'autres." Son exil, d'abord en Belgique, puis en Grèce, lui a "redonné la joie de vivre". Mais il lui reste un défi : retrouver l'équipe d'Algérie, après avoir été écarté cet été, au Mondial 2014. A lui de se montrer mardi soir, contre le PSG.