Mort d'un supporter : la Suède sous le choc

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Mort d'un supporter : la Suède sous le choc
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VIOLENCES - Le match entre Helsingborgs et Djurgardens a été arrêté avant la mi-temps, dimanche.

Supporters de Djurgarden (930x620)

© REUTERS

Helsingborgs contre Djurgardens : ce n'était pas, a priori, l'affiche la plus sulfureuse du dernier week-end de football européen. Ce match de la 1re journée du championnat de Suède a pourtant été marquée par la mort d'un homme de 43 ans, supporter du club visiteur de Djurgardens. Il a été victime de coups à la tête lors d'une bagarre de rue peu avant la rencontre. L'annonce de son décès s'est propagée parmi les supporters visiteurs, qui ont commencé à vouloir envahir la pelouse au cri de "meurtriers ! meurtriers !" pour désigner les supporters du Helsingborgs IF. Estimant que la sécurité des 22 acteurs n'était plus assurée, l'arbitre de la rencontre a décidé de les renvoyer aux vestiaires. 

Le match entre Helsingborgs et Djurgardens a été arrêté :

Aftondladet (930x1240)

© Aftonbladet

Le drame a été largement commenté en Suède et faisait encore la Une, mardi, du quotidien populaire Aftonbladet. Une marche contre la violence dans le football a été organisée lundi dans la ville d'Helsingborg et a rassemblé plusieurs centaines de personnes autour d'un mémorial improvisé, avec des écharpes aux couleurs des différents clubs du royaume. Les circonstances exactes de la mort de ce supporter ne sont pas encore connues mais l'enquête devrait avancer dans les prochaines heures...

Un homme de 28 ans en garde à vue. Lundi soir, un homme de 28 ans "s'est présenté de lui-même" au commissariat. Il "assume une certaine responsabilité pour ce qui s'est passé", a déclaré mardi matin lors d'une conférence de presse le procureur en charge du dossier, Eleonora Johansson. Cet homme de 28 ans était connu des services de police et "était cité dans l'enquête dès dimanche". La qualification initialement retenue est celle de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, mais pourrait évoluer en fonction des résultats de l'enquête.

Des bagarres dès le samedi. Les supporters de Djurgardens, parmi les plus actifs de Suède, s'étaient déplacés en nombre dans le sud du pays, où se trouve Helsingborg. Des bagarres entre groupes ultras avaient déjà eu lieu samedi avant de reprendre, dimanche. Ces scènes de bataille rangée ont repris après la rencontre quand les fans du Djurgardens IF, animés par un sentiment de vengeance, ont voulu en découdre dans les rues de la ville. La police d"Helsingborg n'estime pas avoir commis d'impair. "Ce qui s'est passé n'aurait pas dû se produire mais c'est le résultat d'une évolution que nous constatons depuis un certain temps et que nous ne pouvons plus empêcher seuls", a affirmé lors d'une conférence de presse un responsable de la police de Helsingborg, Tommy Sverngard. "Si nous voulons résoudre ce problème il faut des efforts concertés de toute la société."

Des affrontements ont eu lieu dans les rues d'Helsingborg :

Le ministère des sports mobilisé. La ministre des Sports, Lena Adelsohn Liljeroth, a visiblement compris le message. "Marquer de près, exclure, faire que la police travaille pour les identifier : c'est ce qui importe maintenant. Nous n'allons pas laisser anéantir toute une culture, tout un sport à cause de 600-700 personnes", a-t-elle déclaré à l'agence de presse suédoise TT. Pour autant, elle ignore encore les solutions à apporter. "La question est de savoir ce qui peut être fait dans le cadre sportif, ce que les clubs pourraient faire, ce que nous au gouvernement pourrions faire en plus pour empêcher des choses comme celles-là de se produire, et ça ne je ne le sais pas encore."

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