Lille peut-il éviter le ridicule ?

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Lille peut-il éviter le ridicule ?
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LIGUE DES CHAMPIONS - Le Losc, zéro point, joue sa dernière carte mercredi face au Bayern.

Mercredi soir, sur la pelouse du Bayern Munich, le Losc va tenter de ne pas être la seule équipe avec le Dinamo Zagreb à ne compter aucun point après quatre journées de Ligue des champions cette saison. Une certaine idée du "ridicule", toutes proportions gardées. Surpris par le BATE Borisov en ouverture (3-1), dominé à Valence ensuite (2-0) et battu enfin par le Bayern Munich il y a quinze jours (1-0), le Losc pointe à six longueurs de ses trois rivaux. Si la qualification pour les huitièmes de finale semble d'ores et déjà compromise, tout autre résultat qu'une défaite à l'Allianz Arena mettrait du baume au coeur du club lillois. Voici les raisons d'y croire et celles d'en douter.

LES RAISONS D'Y CROIRE

Lille déçoit face au Bate Borisov, 930

© REUTERS

Les Lillois ont conscience du problème. Depuis le début de ce qu'on appelle la Ligue des champions, lors de la saison 1992-93, aucun club français n'a terminé le premier tour fanny. Les Lillois n'ont pas envie d'être les premiers. "Je ne me vois pas finir cette compétition avec zéro point", souligne Aurélien Chedjou dans L'Equipe. "Ce serait entrer dans le Livre des records de la pire des manières." "On sait que la marge de manœuvre n'existe pas, que nous sommes dans une situation compliquée mais on veut quitter Munich sans aucun regret", abonde son entraîneur, Rudi Garcia. "On doit se livrer et donner une bonne image de nous-mêmes. ça paraît presque impossible. J'espère qu'on aura du panache." Et, en face, il y a le Bayern, chez lui. "Le propre du foot, c'est que sur un match, le petit peut battre le gros", estime pourtant Garcia. "C'est le match de la dernière chance. Le plus difficile des six matches du groupe. Il faudra tout faire pour relever le challenge." S'il ne gagne pas à Munich, le Losc sera éliminé de la Ligue des champions et peut-être même de la Ligue Europa s'il y a match nul dans l'autre rencontre du groupe, Valence-BATE Borisov.

Nolan Roux avec Dimitri Payet (930x620)

© REUTERS

Une efficacité retrouvée en attaque. Depuis sa courte (mais logique) défaite face au Bayern lors du match aller (0-1), Lille a remporté les trois matches qu'il a disputés : face à Valenciennes (2-1) et contre Evian Thonon-Gaillard à Annecy en championnat (2-0) et aux dépens de Toulouse en Coupe de la Ligue (1-0). A chaque fois, son attaque, qui a eu du mal à faire son deuil d'Eden Hazard, s'est montrée performante. Nolan Roux a marqué contre Toulouse et à Evian, à chaque fois sur un service de Dimitri Payet (photo). En championnat, le Losc a pris 10 points sur 12 possibles et s'est totalement relancé, pointant désormais en 8e position, à cinq points seulement du PSG. "Nos résultats sont meilleurs, ça se ressent au niveau de la cohésion d'équipe ainsi que de la confiance", souligne Benoît Pedretti. "On le voit avec les joueurs offensifs qui tentent plus de choses, qui percutent davantage." Le Losc, qui espère également pouvoir compter sur un Salomon Kalou au top de sa forme, pourrait malheureusement être cette fois amoindri en défense, avec les absences possibles de Marko Basa et de Franck Béria.

Un Bayern légèrement remanié. Ce n'est sans doute pas le joueur du Bayern le plus connu. Mais, depuis le début de la saison, Mario Mandzukic en est déjà à huit buts inscrits. Grippé, l’international croate devrait être absent contre Lille et pourrait être remplacé par le Péruvien Claudio Pizarro. Ce ne sera sans doute pas le seul changement dans l'attaque mitraillette du Bayern cette saison (30 buts en 10 matches de championnat). Ainsi, l'entraîneur Jupp Heynkces a annoncé qu'il allait titulariser le Néerlandais Arjan Robben, poussant Marco Reus sur le banc et entraînant le repositionnement de Thomas Müller au centre. Auteur d'une bonne rentrée la semaine dernière en Coupe d'Allemagne (avec deux buts et une passe décisive), Robben n'a pas joué samedi, lors de la victoire à Hambourg (3-0). "Il aura à cœur de démontrer les qualités de super joueur qu'il est", souligne son coach. Pour Lille, on peut espérer qu'il aura envie de trop bien faire. Et donc d'en faire trop.

LES RAISONS D'EN DOUTER

Schweinsteiger avec Ribéry (930x620)

© REUTERS

Le Bayern, une mécanique bien huilée. "C'est presque de l'art (...) C'est tellement plaisant de les regarder jouer", a déclaré le président du Bayern, Uli Hoeness, à l'issue de la victoire à Hambourg, samedi. Au-delà de l'art, il y a les chiffres. Depuis le début de la saison, le club munichois présente un bilan effrayant (13 victoires en 15 matches toutes compétitions confondues, 42 buts inscrits, 8 encaissés), c'est dire la difficulté de la mission qui attend les Lillois, dont la cote sur les différents sites dépasse les 10...

Un historique qui fait peur. La forme actuelle du Bayern n'est pas le seul élément de nature à effrayer les Lillois. Historiquement, le Bayern est presque intraitable à domicile en C1. Le club munichois a ainsi remporté 15 de ses 16 derniers matches à domicile en Ligue des champions, sans compter la finale de la saison dernière, disputée à Munich et perdue face à Chelsea aux tirs au but. Seule l'Inter Milan, alors tenante du titre, avait réussi à s'imposer à l'Allianz Arena en 2010-2011 en huitième de finale retour (3-2). Et si le Bayern est particulièrement brillant à domicile en Ligue des champions, ce n'est pas le cas du Losc en Allemagne. En effet, Lille n'y a jamais gagné et n'y a même jamais marqué le moindre but... (0-0 à Dortmund en février 2002 en Coupe UEFA, défaite 2-0 à Stuttgart en août 2002 en Intertoto, défaite 1-0 contre TSV Alemannia Aachen en octobre 2004 en Coupe UEFA).

Ribéry face à Sidibé (930x620)

© MAXPPP

Ribéry en a envie. Franck Ribéry ne s'est pas calmé depuis le match aller, où il avait été très bon avant d'être sorti par précaution à la mi-temps. Après le match à Hambourg, Franz Beckenbauer a même dit de lui qu'il "avait trois poumons". On ne sait pas si l'ancien Marseillais a trois poumons, mais il a en tout cas à coeur de briller (à nouveau) contre son ancien club formateur. "A Lille, l'atmosphère était différente car je suis Français", a estimé Ribéry. "Mais demain (mercredi), je suis chez moi, dans mon stade, avec mon équipe. Lille ou pas, j'ai toujours envie de gagner." Voilà les Lillois prévenus, et notamment Mathieu Debuchy qui, sauf pépin, devrait être le "chien de garde" de Ribéry mercredi. "Franck Ribéry est magnifique", concède Garcia. "On le sait. Il est important pour les Bleus. Mais on ne peut pas se concentrer sur un plan anti-Ribéry car le Bayern a trop d'attaquants de qualités avec Müller, Mandzukic (absent ndlr) et Robben qui revient. Il faudra être très bon collectivement sur le plan défensif." Voilà des conditions sine qua non pour éviter le ridicule et le zéro pointé.