Le futsal, la salsa du ballon

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Le futsal, la salsa du ballon
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A LA DECOUVERTE DE - La finale de la Coupe du monde oppose le Brésil à l'Espagne, dimanche.

L'origine. Le terme futsal est la contraction des expressions "futebol de salao" en portugais ou "futbol de salon" en espagnol. Il s'agit donc de "football en salle" et, comme son nom le laisse supposer,  il vient d'Amérique du Sud. Et c'est plus précisément en Uruguay, en 1930, année où le pays organise la première Coupe du monde de football, que le directeur du centre de formation des Unions chrétiennes de jeunes gens (les YMCA) de Montevideo décide d'épurer le football. Cela vaut pour l'espace, réduit à un terrain de gymnase, comme au handball, mais également au niveau du comportement, avec des contacts limités entre les joueurs. Le futsal, jeu ludique à visée éducative, vient de naître.

La Suède à la Coupe du monde de futsal (930x620)

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Le principe. Le grand principe reste évidemment le même qu'au football : faire franchir au ballon la ligne de but. Chaque équipe ne compte plus 10 mais 4 joueurs de champ, auxquels il faut ajouter le gardien. L'équipe peut compter jusqu'à sept remplaçants, dont les permutations sont illimitées durant la rencontre. Le futsal partage un autre principe avec le basket : les cinq fautes. Un arbitre est en effet chargé de les décompter sur le bord de la touche. Et, à partir de cinq coups de sifflet, chaque faute supplémentaire entraîne un penalty à 10 mètres. Différence également avec le football à onze : les touches, qui sont effectuées au pied dans le règlement Fifa et l'absence de hors-jeu. Enfin, niveau chrono, un match de futsal se compose de deux mi-temps de 20 ou 25 minutes chacune.

Futsal_lois_du_jeu      

La compétition. La 7e édition de la Coupe du monde, dont la finale a lieu le 18 novembre, se déroule actuellement en Thaïlande. Cette compétition, dont la France est absente, n'existe que depuis 1989 dans sa forme actuelle, c'est-à-dire placée sous l'égide de la Fifa, l'organisme qui gère le football mondial. Ce fut, à l'époque, la volonté de son président, le Brésilien Joao Havelange, qui fut aussi, entre 1971 et 1973, le premier président élu de la Fédération internationale de futsal (Fifusa). C'est lui qui mit en place le championnat du monde de futsal, co-organisée par la Fifusa et l'Association mondiale de futsal (AMF), et qui, comme la Coupe du monde, a lieu tous les quatre ans. L'antagonisme entre les deux organismes repose sur une différence d'approche : la Fifa considère le futsal comme une forme de football tandis que l'AMF défend le futsal comme un sport à part entière.

Ricardinho (930x1240)

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Les stars. Elu meilleur joueur du monde l'an dernier pour la troisième fois de sa carrière après 2004 et 2006, le Brésilien Falcao, âgé de 35 ans, accumule les trophées et les récompenses depuis ses débuts sur les terrains, en 1989, et a notamment remporté la Coupe du monde en 2008, avec le Brésil. Plutôt discret depuis le début de la compétition en Thaïlande, il a inscrit un doublé décisif en quarts de finale contre l'Argentine (3-2 après prolongation). Le Portugais Ricardinho (photo), élu meilleur joueur en 2010 et autre star de la discipline, a fait encore mieux contre l'Italie, en quarts de finale, en marquant un triplé, dont un but acrobatique que n'aurait pas renié un certain Zlatan I (voir vidéo ci-dessous). Mais ses trois buts n'ont pas suffi face à l'Italie, vainqueur 4-3 après avoir été menée 3-0.

Deux facettes du futsal : la délicatesse de Falcao...

... et les acrobaties de Ricardinho :

Falcao avec la Coupe du monde (930x620)

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Le mythe. Le football et le futsal ont un point commun : le Brésil. Même s'il a été créé en Uruguay, c'est au Brésil que le futsal atteint le statut de quasi-religion. Les enfants y sont initiés dès leur plus jeune âge et peuvent choisir d'intégrer des sections spécifiques peu avant l'adolescence. Cette culture du futsal débouche évidemment sur l'éclosion de nombreux talents : Pelé, Zico, Socrates ou Bebeto sont tous passés par le futsal avant de faire valoir leur technique sur de plus vastes terrains. En six éditions de la Coupe du monde, la Brésil n'a manqué la finale qu'à une seule reprise et a été sacré champion quatre fois, dont la dernière, il y a quatre ans, face à l'Espagne aux tirs au but. Ce sera la même affiche pour la finale 2012, dimanche. Le Brésil a battu la Colombie (3-1) tandis que l'Espagne s'est débarrassée de l'Italie (4-1).

Le lieu. La Coupe du monde se déroule actuellement en Thaïlande. Non sans mal. La Bangkok futsal arena, spécialement construite pour l'occasion et qui a coûté la bagatelle de 40 millions de dollars, soit plus de 30 millions d'euros, a en effet été retoquée (en cours de compétition !) par la Fifa qui a estimé que la salle ne serait pas "prête" à temps pour accueillir la finale, dimanche 18 novembre. Les quatre derniers matches (demi-finales, match de classement et finale) se dérouleront donc tous dans le Indoor stadium Huamark, qui avait déjà accueilli des matches de poules. Un couac pour la Thaïlande, deuxième pays asiatique à accueillir la compétition après Hong Kong en 1992.

Wissam Ben Yedder face au PSG (930x720)

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L'histoire. Derrière l'incroyable Zlatan Ibrahimovic et l'impayable Pierre-Emerick Aubameyang, un jeune Français s'est installé sur le podium du classement des buteurs : Wissam Ben Yedder (ici face au PSG et Pastore), 22 ans, génération 90 et formé à l'école du futsal. "Si je suis un joueur de cirque ? Il faut accepter les étiquettes, entendre ce que les gens vous disent et comment ils vous jugent", expliquait-il au quotidien régional La Dépêche du midi en juillet 2011, à l'entame de sa deuxième saison au TFC. "Je ne renie pas mes origines et Garges, bien au contraire : le foot en salle m'a beaucoup servi. Ce fut un tremplin pour atteindre l'élite. Techniquement et physiquement, car tout est plus contracté qu'à 11. Je compte 2 sélections en A et 1 Espoirs. Mais maintenant, c'est bel et bien terminé..." Ce qui n'est pas terminé en revanche, ce sont les exploits de Ben Yedder dans les petits espaces. Son but contre Troyes, le 29 septembre dernier, est un modèle du genre, avec passement de jambes et crochet extérieur. 

Ben Yedder inscrit un but splendide contre Troyes :

Zidane au futsal (930x620)

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L'icône. En France, un joueur a aidé à populariser le futsal auprès du grand public : Zinédine Zidane en personne. En effet, à plusieurs reprises, "Zizou" a monté des matches événements à Bercy avec les anciens de France 98 puis s'est lancé dans l'aventure du football à cinq (pas forcément en salle d'ailleurs) avec la création du complexe "Z5" à Aix-en-Provence. "Des actions, du spectacle, tout ce que j’aime dans le football se retrouve sur le terrain de foot à 5. Cette version du football facilite l’esprit convivial et fairplay", souligne-t-il en bon VRP sur son site Internet. Sur ce que l'on a pu voir lors des différents matches exhibition auxquels il a participé (ici en 2008, photo), il ne maîtrise pas que la communication...

La pub. Qui mieux que Ronaldinho pouvait incarner le futsal, lui, le génie au regard d'enfant ? Son équipementier, Nike, l'avait bien compris et lui a fait tourner un clip vidéo quelques mois avant la Coupe du monde 2006. Celui-ci repose sur un montage alterné entre des images du petit "Ronnie" et du Ronaldinho adulte sur un terrain de futsal, avec le même sourire aux lèvres. Eric Cantona, en grand manitou du football, conclut le spot avec cette maxime : "ne grandissez jamais, mes amis".

Ronaldinho est la star d'un spot Nike sur le futsal :