La LDH dénonce un outil de "fichage" des supporters du PSG

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La LDH dénonce un outil de "fichage" des supporters du PSG
@ Boris HORVAT/AFP
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CRITIQUE - La Ligue des droits de l'homme dénonce la mise en œuvre par la préfecture de police de Paris d'un "fichier stade".

Les associations officielles de supporters du PSG ont beau avoir disparu, l'ambiance autour du Parc des Princes a beau s'être assainie, les autorités continuent de craindre les fans du club de la capitale. En témoigne cet arrêté du ministère de l'Intérieur en date du 15 avril dernier "portant autorisation d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé 'fichier STADE'".

L'intitulé est sans équivoque : il s'agit de lister les supporters du PSG considérés comme à risque. "Le préfet de police (direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne) est autorisé à mettre en œuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé 'fichier STADE', afin de prévenir les troubles à l'ordre public, les atteintes à la sécurité des personnes et des biens ainsi que les infractions susceptibles d'être commises à l'occasion : des manifestations sportives et des rassemblements en lien avec ces manifestations se tenant dans le ressort des départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ; des manifestations sportives du club du 'Paris Saint-Germain' et des rassemblements liés à ces manifestations se tenant à l'extérieur des départements précités."

Découvrez l'arrêté du ministère de l'Intérieur :

Supporters du PSG (960x640)

© K.Tribouillard/AFP

"Fichage généralisé de la population." La création de cet outil a fait réagir la Ligue des droits de l'homme (LDH), qui a annoncé mercredi avoir déposé un recours devant le Conseil d'Etat pour empêcher la mise en œuvre d'un tel arrêté. "Confondant ainsi suspect de terrorisme et supporters sportifs, le ministère de l'Intérieur peaufine son fichage généralisé de la population dans une sorte de boulimie dont les libertés individuelles sont les premières victimes", estime la LDH dans son communiqué. "Quiconque (au-dessus de 13 ans...) se rendant au stade, sa famille, la voiture qui le transporte, etc., tombe sous le coup de ce fichage et devient, aux yeux du ministère de l'Intérieur, un suspect potentiel."

Le président d'honneur de la LDH, Michel Tubiana, s'inquiète notamment de l'absence de définition précise du terme "supporter", le texte évoquant "des personnes se prévalant de la qualité de supporter d'une équipe ou se comportant comme tel". "Cet arrêté ne définit pas la notion de supporteur. Il veut dire à la fois participant occasionnel, permanent, membre d'un club... Cela donne toute latitude pour ficher la population", souligne Michel Tubiana, qui estime qu'il s'agit aussi d'"une volonté de légaliser de manière détournée un fichier illégalement constitué par le PSG".

En effet, en janvier 2014, le club de la capitale avait été rappelé à l'ordre par la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) pour avoir créé une liste de plus de 2.000 personnes considérées comme ayant un comportement non conforme aux valeurs du club. La Cnil avait repoussé la demande d'autorisation du club de constituer cette liste de supporters qu'il souhaitait exclure. Outre la LDH, l'Adajis (Association de défense et d'assistance juridique des intérêts des supporters) a également déposé un recours contre cet arrêté.

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