L'Ukraine en émoi avant l'Euro

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L'Ukraine en émoi avant l'Euro
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EURO 2012 - A un mois pile de l'ouverture de l'Euro, l'Ukraine fait l'objet de nombreuses critiques.

Lorsque, le 18 avril 2007, l'UEFA a accordé l'organisation du championnat d'Europe des nations à la Pologne et à l'Ukraine plutôt qu'à l'Italie, l'instance européenne a voulu envoyer un signal d'ouverture à l'Est. Mais, à un mois du premier match, le 8 juin prochain, l'ex-République soviétique doit faire face à de nombreux soucis.

L'état des infrastructures. Depuis sa désignation comme pays hôte, l'Ukraine s'est lancée dans une vaste course contre le temps afin que tout soit prêt à l'heure H. Aéroports, autoroutes, voies rapides, les entreprises locales et internationales ont été mobilisées. "Nous allons nous préparer jusqu'à la dernière nuit pour assurer un accueil digne", a expliqué le mois dernier le président ukrainien Viktor Ianoukovitch. "Jusqu'à la dernière nuit", voilà qui n'est pas vraiment rassurant... Lors de son déplacement en Ukraine le 14 avril dernier, l'UEFA s'était inquiétée de l'état des travaux dans le stade de Lviv, l'une des quatre villes hôtes, avec Kiev, Donetsk et Kharkiv, avec des "locaux pas encore mis en exploitation" et des "plafonds qui fuient". Samedi, un journaliste du quotidien L'Equipe twittait sur son compte une photo de l'aéroport de Donetsk... disons en préparation.



La flambée des prix. Le 16 avril dernier, la sortie de Michel Platini sur les tarifs des hôtels en Ukraine avait fait causer. "C'est bête d'avoir fait beaucoup d'investissements et puis de dire aux gens qu'ils ne peuvent pas venir car il y a des bandits et des escrocs qui veulent gagner beaucoup d'argent à l'occasion de cet Euro", s'était insurgé le président de l'UEFA. "On ne peut passer de 40 à 100, 500 euros comme ça du jour au lendemain, cela ne se fait pas. (...) On fait la promotion de l'Ukraine, on dit que c'est formidable, que vous êtes des personnes gentilles, remarquables et sympathiques, que l'atmosphère va être bonne. Mais ils ne peuvent pas venir car ça coûte cher." Deux couchages dans une vaste tente à Donetsk pour la demi-finale reviennent à l'heure actuelle à 125 euros la nuit sur le site booking.com... Ce n'est pas un hasard si les seules places encore disponibles pour la compétition concernent des rencontres se déroulant dans ce pays...

Policiers en Ukraine (930x620)

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Le danger des hooligans. Ukraine, Pologne, Pays-Bas, Croatie, Angleterre... Si le plateau de l'Euro est relevé sur le terrain, il l'est aussi dans les tribunes avec plusieurs nations réputées pour avoir des supporters violents. En déplacement en Pologne, Platini avait déjà exhorté le pays "à faire attention aux hooligans qui allaient arriver". Problème, ils ne vont pas faire qu'arriver visiblement. Certains groupuscules extrémistes ukrainiens souhaiteraient en découdre avec leurs homologues anglais ou, plus directement, s'en prendre aux joueurs anglais. "Bien sûr que nous allons siffler vos joueurs noirs. Il y aura de la bagarre aussi. Pourquoi devrions-nous nous en excuser ?" déclare un membre de l'un de ses groupes, dans le quotidien populaire anglais The Sun. Le discours, comme les photos, vont froid dans le dos...

Les revendications des féministes. Groupe féministe fondé en 2008, le mouvement Femen a fait de la lutte contre le tourisme sexuel son cheval de bataille. A plusieurs reprises, ces militantes aux seins nus sont venues manifester aux abords du stade de Kiev, où doit se dérouler la finale de l'Euro le 1er juillet prochain. "Nous sommes certaines que l'UEFA a un intérêt dans le développement du tourisme sexuel en Ukraine et dans la vente de services sexuels pendant l'Euro", explique Anna Hutsol, dirigeante de Femen, qui n'exclut pas de procéder à d'autres manifestations pendant la compétition, accusée de favoriser voire d'encourager le tourisme sexuel. Selon l'ONG Aids Alliance, l'Ukraine compte 100.000 prostituées, dont 50% ont moins de 20 ans.

Les membres du groupe Femen (930x620)

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La montée de l'insécurité. Il y a deux semaines, quatre explosions dans le centre-ville de Dnipropetrovsk ont fait une trentaine de blessés. Même si la ville n'accueillera pas de match le mois prochain, ces attentats, non revendiqués, ont ravivé le spectre de l'insécurité dans le pays. Sauf, en apparence, pour l'UEFA. "Cet événement ne change pas la confiance de l'UEFA" dans les "mesures de sécurité" prévues par Kiev, a indiqué l'organe de régulation du football européen. Certains experts sont moins optimistes et considèrent même que l'Euro 2012 sera une catastrophe pour l'Ukraine en terme d'image. "Il n'est plus question d'améliorer sa réputation, mais de minimiser ses pertes", estime même Alyona Getmantchouk, directrice de l'Institut de la politique mondiale à Kiev. Pour une compétition qui était censée faire la promotion de l'Ukraine, ça tombe très mal...

11.10 L'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko a été condamnée à 7 ans de prison. 930620

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Les menaces de boycott. L'Ukraine est dans le viseur de plusieurs pays européens en raison des conditions de détention de l'opposante politique Ioulia Timochenko (ici avec sa fille photo). Incarcéré depuis août 2011 pour abus de pouvoir, l'ancien Premier ministre du pays a entamé le 20 avril dernier une grève de la faim. Dès lors, les condamnations officielles et les menaces de boycott n'ont cessé d'affluer. La commission européenne a annoncé qu'aucun de ses commissaires ne se rendrait à l'Euro. Lundi, c'est le ministre allemand du développement, Dirk Niebel, qui a rendu publique sa décision de boycotter la compétition. Dimanche, le ministre des Affaires étrangères espagnol a lui aussi prévenu : "si l'Espagne se qualifie pour la finale, il n'y aura aucun membre du gouvernement tant que le cas de Ioulia Timochenko demeure non résolu." Il reste un mois à l'Ukraine pour sauver ce qui peut encore l'être...