L'OM solidaire de José Anigo

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L'OM solidaire de José Anigo
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FOOT - L'OM a exprimé ses condoléances après le décès du fils de son directeur sportif.

05.09 Des policiers à Marseille, sur le lieu où Adrien Anigo, le fils du directeur sportif de l'OM, a été tué, le 5 septembre 2013. 930620

© Max PPP

L'Olympique de Marseille n'a pas tardé à afficher sa solidarité envers son directeur sportif, José Anigo, dont le fils Adrien, 30 ans, a été abattu, jeudi après-midi, à Marseille. Dans la soirée, le club phocéen, actuellement 2e du championnat de France de Ligue 1, a publié ce communiqué sur son site officiel : "après le drame qui vient de frapper José Anigo, l’Olympique de Marseille tient à manifester son soutien et toute sa sympathie à José et à sa famille. L’OM et l’ensemble de ses salariés s’associent à leur douleur et sont à leurs côtés alors qu’ils traversent cette terrible épreuve." Le fils de José Anigo, écroué en 2007 pour sa participation présumée à des vols à main armée de bijouterie, a été abattu en pleine rue à bout portant alors qu'il était au volant de sa Twingo.

Vendredi, l'entraînement de l'OM, qui devait initialement être ouvert au public, s'est déroulé à huis clos. Certains supporters avaient fait le déplacement afin d'apporter leur soutien au directeur sportif. "Je suis très émue, je suis grand-mère et ce qui est arrivé à José , ça me touche. Je le connais depuis 30 ans et il connaît bien mon neveu par alliance", a confié Lili, retraitée, qui pense, elle, que "l'entraînement aurait dû être totalement annulé, d'autant que les internationaux ne sont pas là". Lili avait apporté avec elle une feuille blanche sur laquelle elle avait écrit : "José Anigo, nous sommes de tout cœur avec toi."

L'un des héros de l'équipe des "Minots"

Anigo avec Valbuena (930x620)

© MAXPPP

José Anigo, c'est une figure de l'histoire de l'OM. Joueur, il en a porté les couleurs de 1979 à 1987, occupant le poste d'arrière gauche. Il a notamment été de la fameuse aventure des "Minots", équipe de jeunes joueurs qui participèrent à la remontée du club parmi l'élite en 1984. Anigo, joueur et homme de caractère, a toujours été attaché à l'OM. Responsable du centre de formation, il y assure un premier intérim sur le banc de touche en 2001-02 puis un second en janvier 2004, en remplacement d'Alain Perrin. Sous sa conduite, l'OM, porté par Didier Drogba, atteint notamment la finale de la Coupe de l'UEFA. Démissionnaire en novembre 2004, il reste au club et en devient le directeur sportif en 2005. Les entraîneurs passent (Jean Fernandez, Albert Emon, Eric Gerets, Didier Deschamps, avec lequel il fut en conflit larvé, Elie Baup), mais Anigo reste, se montrant à l'occasion fort efficace dans son recrutement : il a ainsi fait revenir Ribéry en France ou déniché Valbuena.

Dassier : "arrêtons de fantasmer sur Marseille"

Mais son franc-parler et sa gouaille toute méditerranéenne lui ont valu critiques ou moqueries, tout comme ses connaissances dans le "milieu" marseillais. Fils d'immigrés espagnols ayant fui la dictature de Franco, Anigo, issu d'une famille populaire, n'a jamais caché son amitié avec Richard Deruda, fiché au grand banditisme. Cette amitié avait même éclaté au grand jour quand Thomas Deruda, fils de Richard, était passé pro à l'OM alors que ses talents étaient, disons, discutables (>> à lire : OM : "il existre une influence du milieu"). L'épisode Deruda, ainsi que les saillies d'Anigo contre le PSG, ont régalé les Cahiers du football et servi de base à un ouvrage satirique, Le Petit José.

Anigo avec Dassier (930x620)

© MAXPPP

"J'ai beaucoup d'affection pour José parce qu'il est souvent vilipendé", souligne au micro d'Europe 1 Jean-Claude Dassier, qui fut président de l'OM entre juin 2009 et juin 2011. "Sa réputation est à mon avis totalement injuste, on lui prête toutes les histoires qu'il y a pu y avoir à Marseille depuis de longues années. José, il est né dans les quartiers nord, c'est une affaire entendue. Mais c'est aussi quelqu'un qui s'en est sorti à la force du poignet, il est "minot" et à Marseille, ça veut tout dire. Et je m'inscris en faux avec toutes les interprétations et les amalgames qui ne manqueront pas d'être faits par des gens qui ne connaissent pas grand-chose de la réalité marseillaise (...) Je le répète, je ne peux témoigner que de ce que j'ai connu. Depuis un certain nombre d'années, lors de ma présidence puis celle qui a suivi, les gens qui sont à la tête de l'OM sont des professionnels, qui font leur travail sérieusement. Arrêtons de fantasmer sur Marseille et respectons la tragédie qui s'est passée dans la famille Anigo." Beaucoup plus discret ces dernières saisons, Anigo forme aujourd'hui un duo atypique avec le président du club, Vincent Labrune. Dans l'un des rares entretiens qu'il avait accordé sur sa vie, dans le Journal du Dimanche, en novembre 2011, José Anigo avait eu un message tristement prémonitoire sur Marseille. Il l'avait présentée comme "une ville qui mange ses enfants".