Ils tuent un arbitre : 2 ans de prison

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Ils tuent un arbitre : 2 ans de prison
Sept personnes ont été condamnées après la mort, en 2012, d'un arbitre assistant aux Pays-Bas.@ MAXPPP/Photo d'illustration
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FOOT - Cinq jeunes qui avaient tué un arbitre aux Pays-Bas ont été condamnés à 2 ans de prison.

L'affaire avait ému tout le royaume des Pays-Bas. Le 2 décembre 2012, un des arbitres assistants de la rencontre de jeunes entre le SC Buitenboys, équipe d'Almere, et Nieuw Sloten, club d'Amsterdam, avait été violemment pris à partie par trois joueurs de l'équipe visiteuse après le coup de sifflet final. Richard Nieuwenhuizen, âgé de 41 ans, avait été frappé au visage et au cou alors qu'il était au sol. Quelques heures après l'agression, l'homme avait été pris d'un malaise et emmené à l'hôpital où il était finalement décédé le lendemain.

Cinq ados et un père condamnés. Six mois plus tard, le jugement a été rendu, lundi, devant un tribunal de Lelystad. Cinq des adolescents ont été condamnés à deux ans de détention, dont 6 mois avec sursis, la peine maximale encourue. Un sixième adolescent, plus jeune, a été condamné à un an de détention, dont deux mois avec sursis. Son père, âgé de 51 ans, a lui écopé d'une peine de 6 ans de prison. Un huitième suspect a été déclaré innocent de la mort de l'arbitre mais il a en revanche été reconnu coupable de violences dans un lieu public pour avoir frappé un joueur de l'équipe adverse.

"Les sept suspects sont coupables d'avoir frappé la tête et le haut du corps de l'arbitre de touche", a déclaré la juge Anja van Holten qui, citant un témoin, a précisé que c'était "comme s'ils frappaient dans un ballon de football". Mais le tribunal a admis qu'"aucun des suspects n'avait l'intention de tuer l'arbitre de touche". Pour trois des quatre experts, dont deux de l'Institut médico-légal néerlandais (NFI), interrogés sur les causes du décès, celui-ci était une conséquence des coups reçus. Le quatrième avait en revanche estimé que la mort pourrait être liée à la rupture d'une artère, provenant d'une "anomalie génétique".

Des traces d'ADN sur les chaussures. "Nous sommes contents de ces lourdes peines, car le plus dur, je trouve, est qu'ils n'ont jamais admis ce qu'ils avaient fait", a déclaré à des journalistes l'épouse de la victime Xandra Nieuwenhuizen, entourée de ses trois fils de 20, 18 et 16 ans. A l'ouverture du procès, le 29 mai, les suspects s'étaient accusés mutuellement d'avoir frappé l'arbitre. Certains s'étaient retranchés derrière leur droit au silence, notamment lorsque la juge fit remarquer à l'un d'eux que des traces de l'ADN de l'arbitre avaient été retrouvées sur ses chaussures. Les jeunes joueurs reprochaient à Richard Nieuwenhuizen d'avoir arbitré en faveur de l'équipe jouant à domicile, dans laquelle jouait son fils. En football amateur néerlandais, l'arbitre et ses assistants sont fournis par le club hôte de la rencontre. Selon un autre jeune, l'arbitre aurait insulté son équipe après le match et des membres de l'équipe adverse les auraient provoqués.

En France aussi. Ce jugement tombe alors que le week-end a été marqué en France par plusieurs scènes de violence sur les terrains.  Deux arbitres ont été agressés samedi par une trentaine de personnes après la victoire de Villejuif sur Champigny-sur-Marne, au Plessis-Trévise. Dans le Nord, à Lambersart, le président du club, Frédéric Dehaeze, a lui été agressé par une vingtaine d'individus.

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