Bleus : le Brésil, ce n'est pas gagné

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Bleus : le Brésil, ce n'est pas gagné
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EN UN CLIC - Les Bleus se sont inclinés 3-0 au Brésil, quatre jours après avoir perdu en Uruguay.

Deschamps au Brésil (930x620)

© REUTERS

La pensée du jour : L'équipe de France est venue au Brésil en ce printemps 2013. Y reviendra-t-elle à l'été 2014, pour y disputer la Coupe du monde ? Rien n'est moins sûr après ce que l'on a vu dimanche soir, au Gremio Stadium, de Porto Alegre. Les Bleus ont en effet été battus sur le score sans appel de 3-0, qui rappellera aux nostalgiques que le 12 juillet 1998 a vécu. La Seleçao n'avait plus battu l'équipe de France depuis 1992 (six matches). "On a un objectif clair, c'est se qualifier pour la Coupe du monde et on n'y est pas", a martelé un Didier Deschamps remonté, dimanche, au micro de TF1. "Même dans l'adversité, on doit faire mieux." Le sélectionneur des Bleus a notamment visé les joueurs entrés en cours de jeu (Grenier, Lacazette, Giroud) qui, selon lui, n'ont "pas apporté grand-chose". "On doit être capable de mieux faire", a-t-il encore insisté. Et il le faudra si les Bleus, actuellement 2es de leur groupe de qualification pour le Mondial derrière l'Espagne, veulent à nouveau traverser l'Atlantique...

Le Brésil s'impose 3-0 face à la France :



Oscar face aux Bleus (930x620)

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Le moment où tout a basculé : Après une premier période pauvre en occasions de but, le match a basculé à la 53e minute de jeu. L'arbitre de la rencontre, le Péruvien  Julio Quintana, a décidé de ne pas siffler l'intervention musclée de Luiz Gustavo sur Mathieu Valbuena. Le ballon a alors filé dans les pieds de Fred. L'ancien Lyonnais ne s'est pas fait prier pour servir Oscar au centre de la surface de réparation (photo). Le milieu de Chelsea a alors pris son temps pour contrôler et fixer Hugo Lloris sur sa droite. Les Bleus ne s'en sont jamais remis.

Le "Nene" : Sur cette action qui a conduit au premier but brésilien, l'encadrement tricolore s'est plaint de l'arbitrage, estimant que l'intervention sur Mathieu Valbuena aurait mérité l'intervention de l'arbitre. Le problème, c'est que celui-ci a peut-être estimé que le joueur de l'OM en avait trop fait pour être honnête. En effet, Valbuena s'est roulé sur le sol et a hurlé de douleur. Too much.

Hernanes, buteur face à la France (930x620)

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L'action Playstation : Dimitri Payet, l'un des meilleurs Bleus sur la pelouse, est à l'origine du second but brésilien. Le Lillois a en effet perdu le cuir dans le camp français. Hernanes, à peine entré en jeu, a alors foncé vers la surface de réparation en servant Lucas Moura sur sa droite. Le joueur du PSG, adroit, a trouvé Neymar à l'opposé. Le joueur du Barça a alors remis sur un pas au milieu de la Lazio qui a trompé Lloris avec un peu de chance : sa frappe est loin d'être limpide et le ballon entre dans le but grâce à l'aide du poteau (2-0, 84e).

La cacahuète : Cette tournée sud-américaine aura révélé une fois de plus la prégnance d'un mal bien français : le manque d'efficacité. Stérile face à l'Uruguay, l'attaque française, séduisante sur le papier (Payet à gauche, Benzema au centre, Valbuena à droite) ne s'est pas créée un seule occasion franche. Les deux plus beaux tirs sont venus de Yohan Cabaye et... du Brésilien David Luiz, qui a bien failli marquer contre son camp. Karim Benzema, qui n'avait pas joué contre l'Uruguay, n'a une fois de plus pas trouvé le chemin des filets et ses compères avant-centres, Olivier Giroud et Bafétimbi Gomis, n'ont quasiment rien eu à se mettre sous la dent non plus en fin de match. Triste.

Neymar face aux Bleus (930x620)

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L'atout charme : Ah ça, il a une gueule : un visage de bande dessinée, une houpette négligemment relâchée sur le haut du front, un numéro 10 de légende dans le dos. Pour beaucoup de téléspectateurs français, ce Brésil-France était l'occasion de découvrir le temps d'un match dans son intégralité le fameux Neymar, transféré il y a peu au FC Barcelone et star annoncée du prochain Mondial. Le temps d'un match ou juste un peu moins car le sélectionneur du Brésil, Luiz Felipe Scolari, a décidé de le sortir à une minute de la fin du temps réglementaire. Pas un cadeau. Car le néo-Blaugrana a récolté une bordée de sifflets de la part des spectateurs de Porto Alegre, lui qui vient de quitter Santos, dans l'Etat de Sao Paulo. Le n°10 de la Seleçao n'a pourtant pas été le moins en vue des Brésiliens. Il a notamment effectué la passe décisive sur le deuxième but et a signé quelques beaux gestes techniques comme un crochet sur Mathieu Debuchy. Mais on attend bien plus de lui...

Le loser : Le défenseur latéral du Real Madrid, Marcelo, ne peut pas être considéré le plus grand technicien du football brésilien. Et pourtant, c'est l'un de ses mouvements qui a poussé à la faute Mathieu Debuchy à l'entrée de la surface, dans le temps supplémentaire. L'ancien Lillois a semblé bien naïf sur le coup. Le joueur du PSG Lucas Moura, entré en jeu 25 minutes plus tôt à la place de l'incroyable Hulk, ne s'est pas fait prier pour transformer la sentence d'un tranquille plat du pied droit.

Celui qui a bien mérité sa douche : Pour sa première sélection chez les Bleus, le Stéphanois Josuha Guilavogui n'a pas démérité. Il a souvent été déterminant dans la conquête du ballon en première période, où les Bleus ont souvent tenu le cuir. Comme ses coéquipiers, il s'est fait bien plus discret lors de la seconde période.

Supportrices brésiliennes (930x620)

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Le chant : On ne les a pas entendus. Pour tous les amateurs de football, ce Brésil-France était l'occasion de prendre la température à un an du Mondial. La conclusion est : on espère bien mieux des supporters auriverde. Peu, voire pas de chants et un public guère festif. La Seleçao, retombée à la 22e place du classement Fifa (entre le Ghana et le Mali) à force de résultats décevants, ne suscite visiblement pas encore l'enthousiasme général. La prochaine Coupe des Confédérations (du 15 au 30 juin) devrait donner un aperçu plus pertinent de l'ambiance au pays du football. Car si, pour le moment, ce n'est pas le Brésil pour la France, pour le Brésil, ce n'est pas encore le Pérou.

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