Beckham, the end

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Beckham, the end
David Beckham soulevant le trophée de la MLS Cup à Carson en Californie.@ REUTERS
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FOOT - Le joueur anglais a disputé (et remporté) son dernier match avec Los Angeles, samedi. 

Le jeu de mots était dans tous les journaux et sur toutes les chaînes de télévision sportives. "End it like Beckham", soit "Finis-le comme Beckham", en référence au film Joue-la comme Beckham (Bend it like Beckham en VO). "End it like Beckham", c'est-à-dire en gagnant. Car, pour son dernier match avec le Los Angeles Galaxy après une aventure californienne de six ans, David Beckham a remporté samedi pour la deuxième année consécutive la MLS Cup (la finale du championnat se disputant en un seul match sur le terrain de l'équipe la mieux classée). Certes, il n'a pas marqué face au Houston Dynamo (3-1) mais il a régalé les 28.000 spectateurs du Home Depot Center de Carson par son aisance technique et sa pugnacité toute britannique. "Je ne me lasse pas de gagner, et même à 37 ans, c'est toujours aussi bon", a déclaré le "Spice Boy" en conférence de presse.

David Beckham au coup franc.

© Nicolas Rouyer

Néanmoins, à Los Angeles, ce n'est pas sur le terrain que Beckham fait ou a fait le plus la différence mais en dehors. Dans les gradins, son immense popularité se mesure aux pancartes ("Dont' leave", soit "ne pars pas" ou encore "Thanks for the memories", "merci pour les souvenirs"), aux tifos des supporters ("There's only one 23", soit "Il n'y a qu'un seul numéro 23") ou aux chants, avec ces deux virages qui se répondent "David" et "Beckham". Car, contre toute attente, l'ambiance est bouillante à Carson. Et Beckham y est évidemment pour beaucoup. Chacun de ses coups de pied arrêtés, coups francs et corners, est accompagné par des clameurs.

Deux penalties, aucun pour Beckham

Tout le monde s'attendait à ce qu'il tire un des deux penalties obtenus (et transformés) par le Galaxy dans cette finale. Mais il n'en a tiré aucun, pas même le dernier dans le temps supplémentaire, au grand dam de certains supporters. "Je voulais que ce soit Landon (Donovan, la star américaine de l'équipe ndlr) qui le tire mais il était trop fatigué. Je ne souhaitais pas tirer de penalty. Seule la victoire m'intéressait." C'est donc l'Irlandais Robbie Keane, l'autre star internationale de la franchise, qui s'y est collé. La saison prochaine, ce sera en grande partie à lui d'incarner le Galaxy. Et l'héritage risque d'être assez lourd à porter pour l'ancien joueur de Tottenham.

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© Nicolas Rouyer

"Beckham n'a pas toujours été le meilleur sur le terrain, comme ce fut encore le cas aujourd'hui (samedi)", reconnaît Charles, abonné au Galaxy depuis sa création, il y a 17 ans. "Mais lui seul était capable de faire vendre des maillots à travers le pays et même le monde." De fait, un supporter du Galaxy sur deux qui portait un maillot samedi avait Beckham dans le dos. Et dans les boutiques de la franchise, prises d'assaut avant et après le match, Beckham était décliné dans tous les formats, du tee-shirt avec la silhouette de son visage au plus girly "Beckham rock'd my Galaxy" en passant par l'horloge avec le maillot 23, il y en avait pour tous les goûts. Y compris français. "On aurait aimé qu'il reste un an de plus", nous explique ainsi Pierre, installé à Los Angeles. "C'est tout simplement le meilleur. Il fait la différence ici dans une Ligue que l'on regarde souvent avec condescendance en Europe mais qui vaut bien mieux que ce que l'on en dit."

Après Beckham, Kaka ?

Beckham aussi vaut bien mieux que ce que l'on en dit. Loin de l'icône publicitaire en sous-vêtement présente sur Hollywood Boulevard, il reste un joueur exemplaire. Tandis que ses coéquipiers se congratulaient dans la surface de réparation, lui est allé saluer un à un les joueurs de Houston au centre du terrain avant d'emmener ses trois fils dans un tour d'honneur, avec l'Union Jack et la bannière étoilée sur le dos… "J'espère que les gens ont apprécié de me voir et vont garder un bon souvenir de moi", a-t-il expliqué. "Ce sont les gens qui décideront de l'empreinte que je vais laisser sur ce championnat et j'espère juste que j'ai suscité de l'intérêt pour ce  sport et si c'est tout ce que j'ai réalisé, c'est déjà beaucoup. Cette Ligue a des fondations solides et elle va continuer à grandir." Arrivé en 2007 dans la Cité des Anges, Beckham devait faire décoller la MLS. Il n'a réussi qu'à faire décoller le Galaxy. "Quand Beckham est arrivé, on espérait qu'il fasse du football quelque chose d'énorme, mais c'était trop pour un seul joueur", confie le journaliste Steve Futterman, de CBS News.

La MLS, restée dans l'ombre du "Big Four" - MLB (baseball), NFL (foot US), NBA (basket) et NHL (jockey) - et le Galaxy s'apprêtent donc à entrer dans l'après-Beckham. Avec qui ? Les rumeurs annoncent les arrivées possibles de Frank Lampard et de Kaka, qui recueille les suffrages des nombreux supporters latinos du Galaxy. "On espère qu'il va venir", nous confie ainsi Mario, originaire du Salvador. "Le Galaxy peut même se payer Cristiano Ronaldo", ajoute son voisin Ulises, qui, de l'aveu même de son beau-frère, a trop forcé sur la tequila. C'est jour de fête après tout. Pour Beckham, c'est donc aussi le jour des adieux. A LA mais pas au football. Il l'avait dit avant la finale : il jouera tant que son corps le lui permettra. Où ? Il n'en a pipé mot, samedi. Le film ne fait que commencer…