Les Bleus si près de l'exploit

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Les Bleus si près de l'exploit
@ REUTERS
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COUPE DU MONDE - Les Bleus, exemplaires, ont échoué à un malheureux point des Blacks (8-7).

Julien Bonnaire face aux Blacks (930x620)

© REUTERS

La France au rendez-vous. Un point. Un maheureux petit point. C'est ce qui a manqué, dimanche, à l'équipe de France pour devenir championne du monde pour la première fois de son histoire. Le monde entier attendait une défaite des Bleus face aux All Blacks, qui évoluaient dans leur antre, l'Eden Park d'Auckland. Défaite il y a eu, mais sur la plus petite des marges, ce qui traduit bien l'intensité du combat et l'"écart" qui séparait les deux équipes. On met écart entre parenthèses car ce match, ce sont les Bleus, très puissants devant (ici Bonnaire) et parfois inspirés derrière, qui méritaient de le gagner. Lors des vingt dernières minutes, ils ont même très nettement dominé. Mais, assis sur leur tout petit matelas, les Blacks, épuisés, ont assuré leur deuxième victoire en Coupe du monde, après 1987, sur le score de... 8-7.

Richie McCaw (930x620)

© MAXPPP

Les Blacks (presque) blackboulés. On a cru un temps revivre le match de poules. Les Bleus sont partis pied au plancher avant de concéder un essai au quart d'heure de jeu, sur la première incursion des Blacks dans les 22 tricolores. Sur une touche habilement menée, Tony Woodcock a facilement aplati en terre promise (15e). Ce sera la seule fois de la rencontre. Au pied, Piri Weepu manqua ses trois tentatives. Par la suite, ce sont les Français qui ont envoyé le plus de jeu, mais en ne parvenant à marquer un essai (transformé) qu'à une seule reprise, grâce à Thierry Dusautoir (47e). Le point qui a fait la différence, c'est l'inattendu Stephen Donald, appelé de dernière minute, qui l'a inscrit sur une pénalité de 30 mètres, face aux poteaux, qui effleura le montant gauche, mais du bon côté pour les Blacks. Maintenant, on imagine mieux ce que les Gallois ont ressenti lors de leur demi-finale perdue d'un point face aux Bleus...

La réponse au défi du haka. La question était sur toutes les lèvres avant la rencontre : les Bleus avaient-ils prévu une réponse au haka ? Elle n'a pas tardé à se dessiner, sous la forme du "V" de la victoire, formé par les 22 joueurs français. Les Blacks interprétant le Kapa o Pango, la version la plus longue de leur haka, les Bleus, en blanc, sont venus défier leurs adversaires en franchissant même la ligne médiane. La Fédération française sera sanctionnée d'une amende mais l'image restera dans l'histoire du rugby français.

Les Bleus défient les Blacks durant le haka :

Trinh-Duc face à Weepu (930x620)

© REUTERS

Parra out, Trinh-Duc in. Jusqu'au bout de la compétition, la charnière a fait l'actualité de l'équipe de France. Morgan Parra, titularisé à l'ouverture, est sorti peu après la 10e minute de jeu après avoir reçu un coup de genou de Richie McCaw sur un regroupement. Le visage tuméfié, le Clermontois a observé du banc l'entrée tonitruante de François Trinh-Duc, remplaçant de luxe qui a réussi une percée phénoménale, stoppée par une cuillère magnifique de Weepu (37e, photo). Malgré un match marqué du sceau du talent, l'ouvreur tricolore devrait garder un souvenir amer de ses deux tentatives manquées au pied, un drop mal ajusté (36e) et une pénalité trop à droite (64e), qui auraient pu tout changer...

L'étrange arbitrage de M. Joubert. Dimanche, on a rapidement compris la tendance : le Sud-Africain Craig Joubert n'allait faire aucun cadeau aux Bleus. Lecture du jeu, interprétation du règlement, rapidité à siffler : toutes les décisions discutables sont allés dans le sens des Blacks, qui, eux, n'ont été que trop rarement sanctionné sur les regroupements, alors qu'ils ont multiplié les plongeons et les hors-jeu. Les Bleus devaient s'y attendre et ils n'ont pas voulu se dissimuler derrière cet "arbitrage à la maison" qui n'a pas voulu dire son nom.

"Le XV de France a été grand". Emu, au bord des larmes, le sélectionneur des Bleus Marc Lièvremont a livré ses premières impressions au micro de TF1. "Ce soir, c'est le XV de France qui a été grand, ils ont même été immenses. C'est difficile de se battre contre tout un peuple", a expliqué l'ancien troisième ligne des Bleus. "Quel match énorme du XV de France... On aurait tellement aimé ramener cette Coupe du monde. On réalisera dans les jours qui viennent. Mais on a bien conscience d'être passé tout près de l'exploit."