Yann Lorence, un an après

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Yann Lorence, un an après
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FOOT - Un an après la mort du supporter du PSG, sa famille attend toujours des explications.

Les stigmates du drame de Yann Lorence sont toujours présents au Parc des Princes. Dimanche, face à Toulouse, ils prenaient l'aspect de trous béants dans les parties hautes des virages Auteuil et Boulogne, autrefois remplies par les supporters les plus fidèles du Paris-SG. La rivalité exacerbée entre les deux tribunes du Parc, qui aurait conduit certains membres du Virage Auteuil à frapper à mort ce supporter du Kop de Boulogne, le 28 février 2010, a débouché sur un plan drastique de nettoyage des gradins et de tentative de repeuplement.

Dimanche, par un temps clément et avec un PSG disputant le titre, les supporters étaient 29.000 quand ils auraient pu être 7 ou peut-être 10.000 de plus il y a un an. Malgré les bons résultats, la fête totale n'est plus de mise au Parc. Plus de tifos, guère plus de chants et une cicatrice qui prendra du temps à se refermer. Il y a un an, un homme est mort aux abords du Parc...

La famille lance un appel à témoins

Discrets depuis la mort de leur fils, les parents de Yann Lorence ont décidé de sortir de leur silence. Ils ont lancé un appel à témoins et parlent de leur incompréhension, lundi, dans Le Parisien. "Sur la vidéo elle-même, il y a des bandes vidéo, des témoignages et un rapport de police qui démontrent que Yann a été pris à partie alors qu'il marchait passivement avec une bière à la main. Il était au mauvais endroit au mauvais moment."

Yann Lorence avait été passé à tabac près du Virage Auteuil peu de temps avant le clasico entre le PSG et l'OM. Si plusieurs personnes ont déjà été interpellées dans cette affaire, l'enquête est encore en cours et les circonstances du drame n'ont pas encore été élucidées.

Présente dimanche dans les tribunes du Parc pour la venue de Toulouse (2-1), la ministre des Sports, Chantal Jouanno, a affirmé sa volonté de relayer l'appel à témoins lancé par les parents. "Ils ont perdu leur fils et on n'a pas trouvé tous les coupables", a-t-elle expliqué dans des propos repris dans L'Equipe. "Ils ont le sentiment que des personnes ne veulent pas dénoncer les auteurs de cette agression."

La famille, qui explique avoir été soutenue dans son épreuve par des membres du Kop de Boulogne, regrette en effet le silence des amis de Yann, qui auraient pu les aider à comprendre l'enchaînement des faits. A l'époque, la tension était maximale entre les deux virages du Parc et certains membres du Kop de Boulogne étaient venus régler de vieux comptes avant d'être violemment repoussés par des supporters du virage Auteuil.

Toujours des foyers de tensions

"A part me dire que c'était un type bien, leurs réponses ont toujours été vagues même sur le déroulement de la soirée. C'est le reproche que je leur fais", explique le père de Yann, Jean-Pierre Lorence, 70 ans. Soucieuse de ne pas aviver les tensions, la famille ne participera au rassemblement qui aura lieu lundi soir à l'initiative d'anciens de la tribune Boulogne. "Je ne veux pas apparaître aux côtés d'une partie ou de l'autre des supporters."

Les deux parties, elles, font actuellement cause commune pour militer contre la politique du président Robin Leproux, qui interdit les abonnements localisés en virages et le groupement d'associations supérieures à 100 membres. Boycottant le Parc, certains anciens des deux tribunes assistent désormais aux matches de jeunes du PSG, comme dimanche, où 200 supporters, répartis en deux groupes, Auteuil et Boulogne, ont supporté les moins de 19 ans qui jouaient Porte de Montreuil contre le Paris FC. Comme l’explique Le Parisien, ils ont également lancé des fumigènes sur la pelouse synthétique, qui a en partie pris feu, après l'élimination du PSG. Unis, cette fois, contre un ennemi commun : le président Leproux et l'actionnaire principal, Colony Capital.